Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné, mardi, les violences xénophobes qui secouent son pays, tout en mettant en garde contre des actes de représailles contre les ressortissants sud-africains établis à l’étranger.

«Rien ne justifie les attaques contre les étrangers. Nous devons agir tout en faisant montre de respect envers les personnes originaires d’autres pays», a dit Ramaphosa dans une vidéo publiée sur son compte twitter.

Plusieurs régions sud-africaines, notamment la capitale Pretoria et le hub économique de Johannesburg, sont le théâtre de violences xénophobes contre des étrangers, notamment des ressortissants de pays africains. De nombreux magasins appartenant à des expatriés ont été pillés et incendiés par des foules de Sud-Africains en colère.

Dans un contexte de grave crise économique qui déchire le pays arc-en-ciel, les étrangers, notamment africains, sont accusés par les Sud-Africains de leur «voler» des opportunités d’emploi devenues rares.

Selon certaines sources, les violences ont fait quatre morts à Johannesburg depuis dimanche.

Le président sud-africain a souligné que son pays demeure engagé contre la xénophobie, soulignant que les expatriés ne peuvent en aucun cas être pris pour responsables de la crise de l’emploi dans le pays.

Selon les chiffres officiels, le chômage affecte presque 30 pc de la population active sud-africaine.

L’actuelle vague de violence xénophobe qui déferle sur l’Afrique du Sud a été condamnée par des pays africains comme le Nigeria et le Zimbabwe ainsi que par l’Union africaine (UA).

«Nous appelons à des mesures immédiates pour protéger la vie des personnes et leurs biens et garantir que les responsables des violences répondent de leurs actes», a dit Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’UA.

Les violences contre les étrangers sont récurrentes en Afrique du Sud. En 2008, 62 ressortissants subsahariens ont été tués par des Sud-Africains emportés par la haine xénophobe. En 2015, une nouvelle vague a emporté le pays faisant une dizaine de morts dont certains torturés et brulés vifs.

Des milliers d’Africains ayant eu la chance de fuir ces violences, ont été humiliés, déplacés et chassés du pays.

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