La refonte organisationnelle et institutionnelle de la Maison de l’Artisan figure parmi les principaux axes de la nouvelle stratégie du secteur de l’artisanat 2021-2030, a assuré Asmae Kadiri, directrice de la stratégie, de la programmation et de la coopération au département de l’Artisanat.

“Il s’agit de revoir la structure organisationnelle ainsi que les programmes, les services et la performance opérationnelle de cet établissement”, a précisé Mme Kadiri dans une interview à la MAP.

Pour ce faire, a-t-elle poursuivi, il sera procédé à “la mise en place de nouveaux programmes innovants permettant d’apporter un appui intégré aux acteurs structurés et l’amélioration des procédures de promotion commerciale, de commercialisation stratégique et de communication, notamment à travers l’élaboration d’études de marché nécessaires à la prise de décisions et le développement d’outils de veille stratégique de manière globale”.

Créée en 1957, la‌ ‌Maison‌ ‌de‌ ‌l’Artisan‌ est un‌ établissement public chargé de la‌ promotion‌ ‌des‌ ‌produits‌ ‌de‌ ‌l’artisanat sur‌ ‌les‌ ‌marchés‌ ‌nationaux‌ ‌et‌ ‌internationaux ainsi que de l’exécution de la politique gouvernementale dans ce domaine. L’élaboration d’une stratégie de refonte institutionnelle et organisationnelle de l’établissement et d’élargissement de ses activités avait fait l’objet d’un appel lancé en mars dernier.

Selon Mme Kadiri, la pandémie du covid-19 a coïncidé avec le lancement de l’étude relative à la nouvelle stratégie du secteur qui se trouve actuellement, au stade d’élaboration de la nouvelle vision, des axes stratégiques et du plan d’actions pour la période 2021-2030.

“Quoi que cette phase ne soit pas encore achevée, nous pouvons néanmoins assurer dès à présent quels sont les axes prioritaires sur lesquels le ministère devrait intervenir”, a-t-elle dit.

Il s’agit de la mise en œuvre de deux chantiers stratégiques importants pour le secteur, à savoir: La couverture sociale au profit de tous les artisans et la nouvelle loi 50-17 relative à l’organisation des activités de l’artisanat, promulguée récemment après des décennies d’attente par les professionnels, a-t-elle souligné.

L’adoption de l’approche par filières, le lancement de chantiers transversaux renforçant les chantiers sus-cités, en l’occurrence, le développement et l’amélioration de la formation, la mise en place d’une nouvelle approche pour accompagner les acteurs du secteur, la diversification des canaux de distribution des produits de l’artisanat marocain, notamment par le biais des outils numériques sont entre autres les axes centraux de la nouvelle stratégie, a fait savoir la responsable.

Mme Kadiri a dans le même sens relevé que le ministère s’active actuellement à finaliser la phase actuelle de l’étude sur la stratégie de l’artisanat afin d’aboutir au programme d’actions qui sera jalonné par plusieurs phases de mise en œuvre.

Il s’agit, premièrement, d’un plan d’actions pour la promotion du secteur en 2021, lequel comprendra des mesures à caractère prioritaire, notamment celles de nature à préserver le tissu économique et l’emploi, et à activer la reprise des activités. La seconde phase consiste, pour sa part, en un plan d’actions à partir de 2022 qui visera le développement et la transformation durable du secteur.

L’artisanat est incontestablement considéré comme l’un des secteurs vitaux qui occupe une place importante dans le potentiel de développement économique et social du Maroc.

Cette place dont il jouit aujourd’hui au sein de l’échiquier économique national est le fruit de grands efforts ayant été déployés pour le repositionner, d’un secteur considéré jadis comme purement social, vers un secteur à poids économique notable, a souligné la responsable.

Le secteur constitue en effet un réceptacle d’emplois. A travers ses deux composantes: l’artisanat d’art et de production et l’artisanat de service, il emploie environ 2,4 millions de personnes, représentant ainsi près de 22% de la population active occupée du Maroc (47% dans l’artisanat de production et 53% dans l’artisanat de service).

En 2018, le secteur de l’artisanat a participé à hauteur de 6,5% dans le PIB national, ce qui dénote d’une capacité non négligeable à créer de la richesse aux côtés des autres secteurs économiques nationaux.

Selon les chiffres issus des enquêtes que le département de tutelle a menées auprès des artisans pour estimer les indicateurs stratégiques de l’artisanat d’art et de production, ce sous-secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 76,4 milliards de dirhams, soit une évolution de l’ordre de 4% par rapport à 2017.

Bouton retour en haut de la page
Fermer