L’UE gardera confidentiels ses contrats de précommandes de vaccins tant qu’elle poursuivra des négociations avec des laboratoires, a indiqué jeudi la commissaire à la Santé Stella Kyriakides, tout en réfutant que des groupes français ou allemands aient été favorisés en raison de leur nationalité.

“Nous sommes soumis à des clauses de confidentialité sur ces contrats, et la divulgation d’informations confidentielles à ce moment compromettrait nos négociations encore en cours”, a-t-elle déclaré lors d’une audition du Parlement européen.

Face aux vives critiques de la commission chargée du contrôle budgétaire, qui estime que les promesses de transparence de la Commission européenne n’ont pas été tenues, Stella Kyriakides a déclaré: “Nous devons garder une position aussi forte que possible (…) J’ai déjà indiqué que je partagerai les informations après la conclusion de toutes les négociations”.

L’UE a signé des contrats avec le suédo-britannique AstraZeneca, l’américain Johnson&Johnson, le duo franco-britannique Sanofi-GSK, le duo américano-germanique Pfizer-BioNTech, l’allemand CureVac et l’américain Moderna mais est encore en pourparlers avec l’américain Novavax,

Mi-décembre, la révélation par une ministre belge sur Twitter des prix des vaccins anti-Covid avait suscité un vif embarras de l’exécutif européen.

“En négociant à 27, cela réduit les coûts. Mais l’information sur les prix doit rester pour l’heure entre les signataires des contrats”, a argumenté la commissaire.

Sans forcément convaincre: “C’est notre devoir de vérifier que la Commission dépense convenablement l’argent. Nous n’accepterons pas d’être mis en veilleuse”, a prévenu l’eurodéputée allemande Monika Hohlmeier (PPE, droite). “Les vaccinations ont commencé, mais on ne sait pas qui est responsable des effets secondaires, car cela figure dans les contrats”, a renchéri Michèle Rivasi (Verts).

Mme Kyriakides s’est également vivement élevée contre les critiques, notamment émises dans les médias allemands, accusant l’UE d’avoir inclus dans ses commandes Sanofi au détriment de laboratoires d’outre-Rhin, alors que le vaccin du français ne devrait être prêt que fin 2021.

“En juin, personne ne pouvait prévoir quel vaccin serait le plus prometteur. Pour Sanofi, les facteurs décisifs ont été le type de vaccin, le délai, le prix et la capacité prouvée de production de masse et de distribution (…) Sanofi est un producteur bien établi dans l’UE, avec un procédé éprouvé”, a-t-elle argumenté.

“La direction prise n’a rien à voir avec les nationalités des laboratoires: d’ailleurs, Moderna produit en Espagne, Johnson&Johnson aux Pays-Bas, BioNTech en Belgique… Aucun nationalisme dans tout cela”, a-t-elle taclé.

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