Les élections législatives anticipées prévues, dimanche prochain en Espagne, sont cruciales pour l’avenir du pays, qui doit être doté d’un gouvernement “fort” et “stable” le plus tôt possible, afin qu’il puisse relever les différents défis posés, a souligné l’universitaire et politologue espagnol, Pedro Bofill.

“Ces élections sont décisives pour l’avenir de notre pays, qui est appelé à relever de nombreux défis tant au niveau national qu’international. Ainsi, la formation d’un gouvernement fort et stable le plus tôt possible s’avère essentielle”, a précisé M. Bofill dans une interview accordée à la MAP, à moins de trois jours du scrutin du 10 novembre, le quatrième depuis 2015.

M. Bofill a assuré que les Espagnols sont parfaitement conscients des grands défis auxquels leur pays doit faire face, dans les mois à venir, évoquant, à cet égard, les enjeux liés aux conséquences d’un éventuel Brexit sans accord, la situation de tension en Catalogne, la croissance économique, l’emploi, les inégalités salariales et sociales, et la promotion de l’image et du rayonnement du pays à l’international.

Pour cet ancien député et eurodéputé espagnol, deux aspects essentiels devraient avoir une grande influence sur les résultats des élections du 10 novembre. Il s’agit de la réponse apportée par chacun des candidats à la présidence du gouvernement à la situation de tension qui règne en Catalogne et de leur capacité à former un gouvernement “stable”.

Face au pourcentage important des électeurs indécis, estimé à plus de 32% selon le dernier sondage du Centre de recherches sociologiques (CIS), l’universitaire espagnol a estimé que le taux de participation sera décisif dans ce scrutin, dans la mesure où une faible participation pourrait nuire au parti actuellement au pouvoir (Parti socialiste ouvrier espagnol -PSOE-), et favoriser la percée des partis de droite.

L’universitaire espagnol a fait savoir que l’indécision résulte du scepticisme des électeurs face aux programmes et propositions des partis et de la méfiance des citoyens quant à la capacité des dirigeants politiques à parvenir à des accords pour former un gouvernement et à trouver des solutions pragmatiques aux problèmes auxquels ils sont confrontés au quotidien.

“La solution à l’impasse politique dans laquelle s’est enlisée l’Espagne passe nécessairement par la conclusion d’un accord entre les partis constitutionnalistes”, a estimé M. Bofill, notant que cet accord peut déboucher sur la formation d’une grande coalition, qui paraît, selon lui, improbable pour le moment, ou d’un gouvernement qui sera le fruit d’un accord de législature entre ces forces politiques autour d’un programme préalablement convenu.

Interrogé sur les éventuelles coalitions possibles, M. Bofill a souligné que le scénario le plus prévisible serait un accord entre le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, gauche), formation actuellement au pouvoir, et Ciudadanos (centre-droit) pour former un gouvernement, avec l’abstention du parti populaire (PP, droite).

“Nous, les Espagnols, voulons que les dirigeants politiques réfléchissent à la résolution de nos problèmes, mettent de côté leurs intérêts propres et agissent de manière plus efficace en faveur du développement du pays”, a-t-il insisté, formulant le souhait que les résultats des élections de dimanche puissent permettre à l’Espagne de se doter d’un gouvernement “fort” et “stable” capable de relever les importants défis auxquels le pays fait face.

Ce scrutin se veut avant tout un nouvel exercice démocratique dans lequel seront engagés tous les partis politiques pour surmonter l’impasse politique dans laquelle s’est enfoncée l’Espagne, après l’échec des négociations pour former un nouveau gouvernement en septembre dernier.

A peine sept mois après les élections législatives anticipées du 28 avril dernier, les Espagnols seront appelés aux urnes lors de ce scrutin, convoqué par le Roi Felipe VI d’Espagne le 24 septembre dernier, après la dissolution des deux chambres du Parlement espagnol.

Le 10 novembre, plus de 36.000.000 électeurs seront appelés aux urnes pour choisir leurs 350 représentants au Congrès des députés et 266 au Sénat.

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