Une femme va, sauf surprise, diriger pour la première fois l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis son lancement il y a 25 ans, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala et la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee ayant été désignées finalistes, a annoncé jeudi l’institution basée à Genève.

“Les Membres de l’OMC ont encore réduit le nombre de candidats qui pourraient accéder au poste de Directeur général. Le Président du Conseil général, David Walker (Nouvelle-Zélande) et ses cofacilitateurs dans le processus de sélection ont ainsi communiqué aujourd’hui (jeudi) les noms des deux candidats retenus pour la troisième et dernière étape des consultations visant à désigner le successeur de Roberto Azevêdo”, précise un communiqué de l’organisation.

“Les deux candidats qui ont obtenu le soutien le plus large et le plus profond des membres et qui devraient par la suite passer au tour final sont Ngozi Okonjo-Iweala du Nigéria et Yoo Myung-hee de la République de Corée”, ajoute le communiqué.

“Le résultat crée un précédent historique pour l’OMC en ce sens qu’il garantit que le 7e Directeur général deviendra la première femme à diriger l’organisation”, précise la même source.

Désormais, une troisième étape va s’ouvrir et se terminer quelques jours avant la présidentielle américaine de début novembre. “Je ne pense pas que des considérations de politique intérieure aient un quelconque lien” avec cette désignation à l’OMC, a dit à la presse un porte-parole de l’organisation.

Depuis le départ de Roberto Azevedo fin août, l’OMC n’a plus de patron étant donné qu’aucun consensus n’a pu être trouvé sur le choix de l’un de ses quatre adjoints.

“Le dispositif opérationnel fonctionne sans difficulté” avec les adjoints, relève le porte-parole. “Mais nous avons besoin d’un directeur général pour donner une impulsion à des questions comme les négociations pour éliminer les subventions illégales à la pêche”, a-t-il dit.

Plusieurs discussions entre des dizaines de membres sont en cours, notamment sur le commerce électronique ou la facilitation des investissements. La prochaine patronne de l’organisation aura un mandat “bien rempli” dès son entrée en fonctions, admet encore le porte-parole.

Sauf surprise en cas de blocage, celle-ci sera nigériane ou sud-coréenne. La première, une ancienne ministre des finances et des affaires étrangères, pourrait devenir également la première directrice générale africaine de l’organisation. Elle souhaite notamment que l’OMC oeuvre pour faciliter l’accès aux médicaments dans les pays en développement face à la pandémie.

Yoo Muyng-Hee, première femme à piloter son ministère dans son pays, oeuvre elle depuis 25 ans au moins sur les questions commerciales.

La prochaine directrice générale devra faire face à une situation très difficile. L’OMC est surtout confrontée aux tensions entre les Etats-Unis et plusieurs acteurs, dont le gouvernement chinois. Elle fait face aussi à une crise institutionnelle depuis de longs mois depuis que son tribunal d’appel est dysfonctionnel en raison d’un blocage américain dans le renouvellement des membres de celui-ci.

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