Les Vingt-Sept se sont mis d’accord vendredi pour relever leur objectif de réduction de gaz à effet de serre d’ici 2030, à l’issue d’une nuit blanche de tractations avec la Pologne, après avoir sauvé la veille leur plan de relance massif post-Covid.

Le Brexit n’a fait qu’une courte incursion lors de ce sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, avec une évaluation pessimiste de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui a jugé “faibles” les espoirs d’un accord avec Londres, selon des sources européennes.

Les 27 ont par ailleurs décidé de sanctionner la Turquie pour ses activités “agressives” en Méditerranée contre la Grèce et Chypre, deux pays membres de l’UE. Une décision aussitôt qualifiée de “biaisée et illégitime” par Ankara.

“Cette réunion a été l’occasion de montrer la force tranquille de l’UE”, a estimé le président du Conseil européen Charles Michel lors d’une conférence de presse finale, reconnaissant que les discussions avaient été “difficiles” sur la Turquie et le climat.

A la veille du cinquième anniversaire de l’Accord de Paris, les Européens ont donné leur feu vert à une baisse des émissions du continent d'”au moins 55%” d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, contre un objectif de 40% actuellement, afin d’arriver à la neutralité carbone en 2050.

Le sommet a adopté “une proposition ambitieuse pour un nouvel objectif climatique”, s’est félicitée sur Twitter la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

“Cela valait la peine de perdre une nuit de sommeil”, a commenté la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays exerce la présidence de l’UE jusqu’à la fin de l’année.

“Dix ans, c’est demain. Alors, mettons tout en oeuvre pour réussir, maintenant, tous ensemble. Car il n’y a pas de plan B”, a réagi le président français Emmanuel Macron.

Les ONG environnementales ont toutefois critiqué une “ambition en trompe l’oeil”, jugeant l’objectif insuffisant pour concrétiser l’accord de Paris et déplorant l’inclusion du gaz dans “les énergies de transition”.

Elles regrettent également que la réduction de 55% soit “nette”, c’est-à-dire incluant le CO2 absorbé par les “puits” naturels de carbone comme les forêts, ce qui réduit mécaniquement la baisse réelle visée dans les secteurs polluants.

Les modalités et la répartition des efforts ont été au coeur des négociations: la Pologne, très dépendante du charbon, exigeait des garanties sur les aides financières qu’elle obtiendrait.

La Pologne avait déjà fait front commun avec la Hongrie pour paralyser le plan de relance et le budget européens. Un blocage dommageable pour les économies européennes frappées de plein fouet par la pandémie, qui a finalement été levé jeudi à la suite d’un compromis avec les deux frondeurs.

La voie est désormais dégagée pour permettre à l’Europe d’emprunter solidairement pour relancer son économie, sans sacrifier le nouveau mécanisme conditionnant l’octroi de ses fonds au respect de l’Etat de droit

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