Quelques heures après sa présentation par la Commission européenne, le nouveau pacte sur la migration et l’asile a fait l’objet d’une avalanche de critiques de la part de ses détracteurs.

Pour le groupe de la Gauche unitaire européenne et verte nordique au Parlement européen, il s’agit d’un «plan inhumain qui met la déportation des migrants au centre de ses préoccupations».

«Le nouveau pacte sur les migrations de la Commission européenne soustrait l’UE de ses engagements internationaux de défendre les droits des personnes dans le besoin», estime le groupe parlementaire dans un communiqué.

Depuis 2013, relève le groupe politique, «des milliers de personnes sont mortes ou ont enduré la violence, la misère et la tragédie dans des conditions inhumaines en raison de l’échec de la politique migratoire de l’UE», notant que malgré cela, la Commission européenne place les contrôles aux frontières avant l’entrée et les retours au cœur de la stratégie de l’UE.

Ces nouvelles mesures compliqueront davantage les procédures pour les demandeurs d’asile, avertit le groupe politique, expliquant que la majorité d’entre eux se verront injustement refuser la protection et seront renvoyés dans le pays dont ils avaient fui.

“Plutôt que d’accueillir ceux qui en ont besoin et de les relocaliser entre les États membres, le concept de solidarité de l’UE sera exploité avec un effort collectif pour expulser et empêcher les gens d’entrer – les États membres se parrainant les uns les autres dans le processus d’expulsion”, fustige le groupe de la Gauche.

Et de conclure que ce nouveau système que la Commission européenne veut mettre en place est à la fois «inhumain » et «inefficace».

Pour le groupe des sociaux démocrates, l’UE doit veiller à ce que le droit d’asile soit pleinement respecté et instaurer un mécanisme permanent de relocalisation obligatoire entre les États membres.

Le groupe des Verts a pour sa part estimé que les propositions de la Commission basées sur le retour des migrants et le renforcement des contrôles aux frontières ne changeront rien.

Ces mesures de “la honte” n’empêcheront ni les nouveaux drames, ni le maintien de camps indignes aux frontières européennes, estime le groupe dans un communiqué.

«Ce pacte n’apporte aucune réponse sérieuse aux dysfonctionnements du règlement de Dublin, pourtant à l’origine de la crise de l’accueil que nous vivons depuis 2015. Pire, il l’aggrave en renforçant ses règles clés, notamment le principe du premier pays d’entrée. Ce principe, totalement déconnecté de la réalité, illustre à lui seul le manque de solidarité entre États membres et par là-même, l’échec de la politique migratoire européenne. Il continue de faire peser la responsabilité des procédures sur la Grèce, l’Italie, l’Espagne et Malte. C’est une honte », a déclaré, Damien Carême, député européen, porte-parole des Verts/ALE.

Le nouveau pacte présenté aujourd’hui et devra être adopté par le Parlement européen et le Conseil de l’UE vise notamment le renforcement des contrôles aux frontières externes, la mise en œuvre d’un nouveau mécanisme de solidarité pour la gestion des migrations et de l’asile et d’une nouvelle stratégie opérationnelle des retours volontaires et de la réintégration.

Il vise également à élaborer un système solide de préparation et de réponse aux crises, une gestion intégrée des frontières entre les États membres, l’adoption d’une nouvelle stratégie sur l’avenir de Schengen et le renforcement des mesures de lutte contre le trafic de migrants.

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