Le parti Ennahdha, vainqueur des dernières élections législatives en Tunisie, a annoncé l’intention de proposer son chef Rached Ghannouchi comme président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et de nommer un Premier ministre issu de ses rangs.

“La candidature de Ghannouchi à la présidence du parlement intervient dans le cadre du choix d’Ennahdha d’endosser la responsabilité du pouvoir au sein des institutions de l’Etat”, a déclaré lors d’une conférence de presse à Tunis Abdelkarim Harouni, chef du conseil de la choura du parti Ennahdha qui a remporté les législatives du 6 octobre avec 52 sièges.

Il a indiqué que la 33e session du conseil de la Choura du mouvement , tenue ce week-end, a réaffirmé l’attachement d’Ennahdha à son droit à la formation et à la présidence du gouvernement, conformément aux dispositions de la Constitution et compte tenu des résultats des élections.

Cette décision, explique-t-il, traduit “l’intérêt que porte le mouvement au parlement au sein duquel sont adoptées les législations et les réformes et prises des décisions relatives à la gestion du gouvernement et des différents dispositifs de l’Etat”.

Le vote pour élire le président du parlement lors de la première séance de l’Assemblée des représentants du peuple, prévue mercredi prochain, sera un “indicateur important pour connaître ceux qui sont disposés, ou pas, à travailler avec le mouvement Ennahdha au Parlement et au gouvernement”, a-t-il affirmé.

Selon lui, toutes les concertations effectuées jusqu’à ce jour sont préliminaires.

Il a relevé que les négociations officielles démarreront après la désignation par Ennahdha d’un chef de gouvernement et l’approbation de celui-ci par le président de la République.

Lors de cette session, l’accent a été mis également sur toutes les concertations menées par Ennahdha avec les partis politiques, les organisations et quelques personnalités, a fait savoir Harouni, les qualifiant de “trébuchantes au vu du manque de collaboration avec le parti, notamment de la part du Courant démocrate et du mouvement Echaâb”.

“Ennahdha n’abandonnera pas son droit à la formation et à la présidence du gouvernement”, a souligné Harouni, regrettant la position de “certains partis qui veulent priver le vainqueur des législatives” de ce droit.

Sur la proposition du mouvement Echaâb concernant le “gouvernement du président”, Harouni a déclaré que cette dernière est contraire à la Constitution.

Dans ce sens, il a ajouté toutefois que le parti reste ouvert à l’alliance avec toutes les familles politiques à l’exception des personnes soupçonnées de corruption ou celles qui sont dans le déni de la révolution, en allusion à Nabil Karoui, président du parti “Qalb Tounès” et Abir Moussi, Présidente du Parti Libéral Destourien.

Début novembre, Ennahdha a dévoilé un programme qu’il souhaite faire signer, après concertations, par toutes les composantes du futur gouvernement.

Ce programme se concentre sur la lutte contre la corruption et la pauvreté, le renforcement de la sécurité, le développement de l’éducation et des services publics ou encore l’augmentation des investissements.

Ennahdha devra composer avec cinq ou six formations pour obtenir une majorité soutenant tout nouveau gouvernement.

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