L’administration de Donald Trump a tenté lundi de rendre plus compliqué un éventuel rapprochement entre le futur gouvernement américain de Joe Biden et Cuba en inscrivant à nouveau l’île sur la liste noire des “Etats soutenant le terrorisme”.

“Le département d’Etat a classé Cuba comme Etat soutenant le terrorisme pour avoir apporté son soutien de manière répétée à des actes de terrorisme international en donnant refuge à des terroristes”, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo à neuf jours de la fin de mandat de l’exécutif républicain et de l’entrée en fonctions du président élu démocrate.

“Avec cette mesure, nous allons à nouveau tenir le gouvernement de Cuba pour responsable et envoyer un message clair: le régime Castro doit mettre fin à son soutien au terrorisme international et à la subversion de la justice américaine”, a-t-il ajouté dans un communiqué, en évoquant les anciens dirigeants cubains Fidel et Raul Castro.

Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a aussitôt dénoncé l'”opportunisme politique” de l’administration Trump, “reconnu par tous ceux qui se soucient avec honnêteté du fléau du terrorisme et de ses victimes”.

Cuba rejoint sur cette liste noire l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie. Le Soudan vient d’en être retiré par Donald Trump.

La Havane avait de son côté quitté la liste en 2015, lors du rapprochement spectaculaire opéré par l’ancien président démocrate Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président. La même année, les deux pays ennemis avaient rétabli leurs relations diplomatiques pour tenter de tourner la page de la Guerre froide.

Lors d’une visite historique en 2016 à Cuba, Barack Obama était même devenu le premier président américain en exercice à fouler le sol cubain depuis la révolution castriste de 1959.

Mais durant les quatre années de son unique mandat, Donald Trump, s’adressant volontiers à l’importante communauté d’exilés cubains de Floride, un électorat-clé dans un Etat clé, n’a cessé de revenir sur la politique d’ouverture de son prédécesseur et de durcir, plutôt que de lever, le sévère embargo imposé à l’île des Caraïbes depuis 1962.

L’inscription sur la liste noire devrait encore davantage entraver les investissements étrangers à Cuba.

Elle apparaît aussi comme une tentative de dernière minute de rendre plus difficile toute volonté du futur président Biden de renouer avec le pouvoir communiste de La Havane.

Bouton retour en haut de la page
Fermer