Alors que la guerre en Syrie approche de sa dixième année, toute solution à ce conflit dévastateur semble encore lointaine sur fond d’une situation humanitaire alarmante notamment dans le nord-ouest du pays, en proie à une escalade de la violence au cours des dernières semaines.

Après neuf ans de combats en effet, le conflit syrien est bien plus long que la Seconde Guerre mondiale, avec un bilan humain horrifiant de plus de 380.000 morts, dont plus de 115.000 civils.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie pacifiques, la crise dans ce pays s’est ensuite intensifiée avec l’implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères, devenant l’un des conflits les plus compliqués et violents que connait le monde actuellement.

L’ONU, et son Conseil de sécurité qui reste profondément divisé sur ce dossier, ont échoué jusqu’ici à trouver une sortie de crise en Syrie, où la guerre a provoqué l’exil de millions de personnes, entraîné des destructions massives d’infrastructures et réduit à néant plusieurs secteurs cruciaux pour l’économie, notamment celui du pétrole.

En effet, malgré les différentes initiatives et cessez-le-feu soutenus notamment par les Nations-Unies, aucun effort n’a pu jusqu’ici enrayer la logique belliqueuse en Syrie. Le champ de bataille semble toujours l’emporter sur les pourparlers de paix.

Lueur d’espoir, quoique minime, le Comité constitutionnel formé pour dessiner un projet de réforme de constitution pour la Syrie. Réuni pour la première fois le 30 octobre, puis le 25 novembre dernier en format restreint à Genève sous l’égide des Nations-Unies, cette seconde réunion du Comité n’a pourtant rien donné, faute de consensus sur l’ordre du jour.

L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a appelé, par conséquent, à un processus politique beaucoup plus élargi.

Mais le chemin du dialogue politique semble long, au moment où les combats font rage dans le nord-ouest, au grand dam des civils et des enfants syriens qui sont les principales victimes de ce conflit armé interminable.

En effet, comme l’a souligné la directrice générale du Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, seule la fin de la guerre peut assurer la sécurité des enfants dans ce pays.

“Alors qu’une nouvelle année commence et que la guerre en Syrie approche de sa dixième année, la situation de nombreux enfants – en particulier dans le nord-ouest du pays – reste dramatique”, a déploré Mme Fore, dans un message à l’occasion du nouvel An.

L’UNICEF rappelle ainsi que chaque jour, près de 4.500 enfants sont obligés de fuir leur foyer, et beaucoup ont déjà été déplacés plusieurs fois.

Vendredi dernier, les membres du Conseil de sécurité, réunis à huis clos à New York, ont été informés de la situation humanitaire “préoccupante” à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.

Les chefs des bureaux politique et humanitaire des Nations-Unies, respectivement les sous-secrétaires généraux Rosemary DiCarlo et Mark Lowcock, ont exposé devant le Conseil la situation sur le terrain dans cette partie de la Syrie, en soulignant que l’ONU reste profondément préoccupée par la sécurité et la protection de plus de trois millions de civils à Idlib.

Selon les estimations de l’ONU, près de 300.000 personnes ont été déplacées du sud d’Idlib depuis le 12 décembre dernier, les enfants et les femmes étant les plus touchés. Plus de la moitié des personnes déplacées, au moins 175.000, sont des enfants.

Les nouveaux déplacements s’ajoutent à plus de 400.000 femmes, enfants et hommes qui ont été déplacés par les hostilités entre fin avril et début décembre de l’année dernière, souvent à plusieurs reprises. Au cours de la même période, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a enregistré plus de 1.330 morts parmi les civils, selon la même source.

Le chef de l’humanitaire de l’ONU a également fait observer que les conditions hivernales aggravent la terrible situation humanitaire en Syrie.

Les familles fuient sous des pluies torrentielles et les températures nocturnes sont proches du froid. Les personnes qui se sont déplacées plus au nord sont maintenant confrontées à une situation particulièrement difficile en raison de la pluie et du froid, a-t-il déploré.

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