Le conflit armé “brutal” en Syrie, qui est entré dans sa dixième année, a entraîné un coût humain “inacceptable” et une crise humanitaire d’une “ampleur monumentale”, a déploré le Secrétaire général de l’ONU, regrettant que la paix dans ce pays reste encore “bien insaisissable”.

“Mon message d’aujourd’hui est clair. Nous ne pouvons pas laisser la dixième année se traduire par le même carnage, le même mépris des droits de l’homme et du droit international humanitaire, la même inhumanité”, a dit Antonio Guterres, dans une déclaration pour marquer cet anniversaire.

“Des millions de civils continuent de faire face à des risques de protection, plus de la moitié de la population a été forcée de fuir ses foyers, des millions de personnes vivant dans des conditions précaires comme réfugiés, et 11 millions continuent de nécessiter une aide humanitaire vitale”, s’est indigné le chef de l’ONU.

“Nous avons vu neuf ans d’atrocités horribles, y compris des crimes de guerre. Neuf ans de violations des droits de l’homme à une échelle massive et systématique, érodant les normes internationales à de nouvelles profondeurs de cruauté et de souffrance”, a-t-il encore déploré.

Et d’ajouter que des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues, détenues, soumises à des mauvais traitements et à la torture. Un nombre incalculable ont été tués et blessés. “Il ne doit pas y avoir d’impunité pour ces crimes horribles”, a insisté le Secrétaire général.

M.Guterres a également rappelé que tout au long de ce conflit, le système humanitaire a utilisé tous les moyens disponibles pour fournir de l’aide à ceux qui en ont besoin, précisant qu’en 2019, les Nations-Unies et ses partenaires ont touché plus de 6 millions de personnes chaque mois dans l’ensemble de la Syrie.

En janvier de cette année, une assistance alimentaire à environ 1,4 million de personnes a été fournie uniquement par le biais du mécanisme transfrontalier, de même que des fournitures médicales pour près d’un demi-million de personnes et des articles non alimentaires pour plus de 230.000 personnes, a-t-il ajouté.

“Les étapes pour mettre fin aux souffrances du peuple syrien sont bien connues mais doivent être réalisées”, a fait observer le chef de l’ONU.

Premièrement, le protocole additionnel du 5 mars au mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idlib conclu entre la Russie et la Turquie doit conduire à une cessation durable des hostilités qui ouvre la voie à un cessez-le-feu permanent à l’échelle nationale, a-t-il relevé.

Ensuite, les parties doivent revenir au processus politique facilité par les Nations-Unies, mandaté par la résolution 2254 (2015), qui reste la seule voie viable pour mettre fin au conflit et offrir une paix durable au peuple syrien, a conclu le Secrétaire général.

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