Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations-Unies, Mark Lowcock, a dénoncé devant le Conseil de sécurité l’inaction de ce dernier face au “carnage” en cours à Idlib, en Syrie.
“Depuis plus de 90 jours, les bombardements et le pilonnage du gouvernement de la Syrie, soutenu par la Fédération de Russie, ont produit un carnage dans la zone dite de désescalade à Idlib », a déploré M. Lowcock, également Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU.
Pour M. Lowcock, le Conseil de sécurité est au fait de la situation à Idlib. « Mon bureau et moi-même vous ont informé à sept reprises à ce sujet depuis le 29 avril, date à laquelle l’offensive a commencé », a-t-il tenu à rappeler aux membres du Conseil.
Mark Lowcock a défendu la véracité des informations dont son Bureau des affaires humanitaires (OCHA) dispose et des sources qui les lui fournissent.
« Les informations que je fournies au Conseil sont des informations provenant de sources directes ou vérifiées, recoupées, examinées et confirmées. Nos équipes sur le terrain nous disent ce qu’elles voient. Nos partenaires, avec qui nous travaillons parfois depuis des années, et qui travaillent avec plusieurs pays représentés ici dans ce Conseil, fournissent des informations », a-t-il dit.
Des informations recoupées avec celles diffusées par les médias mais aussi celles des autres agences onusiennes et de leurs partenaires locaux sur le terrain et des Syriens eux-mêmes se trouvant sur place.
Le Secrétaire général adjoint a réfuté les informations du gouvernement syrien selon lesquelles des groupes terroristes avaient pris le contrôle des hôpitaux d’Idlib et qu’il n’y avait plus de réseaux d’ambulances dans la région.
Mark Lowcock a également rappelé au Conseil de sécurité le fonctionnement du système de désescalade à Idlib. Un système, par lequel les organisations humanitaires, principalement des ONG, transmettent à OCHA des informations identifiant les sites civils statiques et les mouvements humanitaires. Les Nations Unies partagent ensuite ces coordonnées avec les forces de la coalition internationale, la Turquie et la Russie.
« Savoir si les informations fournies à travers le système de désescalade sont utilisées par les parties pour protéger les installations civiles des attaques ou pour les prendre pour cible est une question extrêmement importante », a dit M. Lowcock, qui a demandé à la Russie de clarifier son utilisation des coordonnées qu’OCHA lui transmet. « Je continue d’espérer recevoir d’autres éclaircissements », a-t-il dit.
OCHA a également demandé des explications aux parties au conflit au sujet de six attaques dans le nord-ouest de la Syrie en 2019 sur des sites censés être protégés par le système de désescalade. « Alors que nous avons reçu une réponse officielle de la Turquie, nous n’en avons pas reçu de la Fédération de Russie », a dit le Secrétaire général adjoint.

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