La décision du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le parlement britannique jusqu’au 14 octobre afin d’empêcher ses détracteurs hostiles à une sortie sans accord d’empêcher ses plans de sortie de l’Union européenne (UE), a suscité la fureur et l’indignation des militants et partis de l’opposition, dont certains ont carrément engagé une procédure judiciaire.

Il arrive des fois que des sessions parlementaires soient prorogées pendant quelques semaines en septembre, lors des congrès annuels des partis, mais c’est la première fois qu’un nouveau Premier ministre suspende brièvement la session parlementaire en cours pour présenter ensuite un nouveau programme.

“Il n’y a pas d’exemple dans l’histoire moderne où la suspension a été utilisée de cette façon”, a dénoncé Gina Miller, une femme d’affaires et militante anti-Brexit qui a engagé un recours devant la justice anglaise.

Cette décision “est manifestement utilisée pour empêcher le Parlement de légiférer contre une absence d’accord”, a-t-elle relevé sur la chaîne BBC.

Mme Miller avait déjà remporté une bataille juridique pour forcer le gouvernement de Theresa May, à consulter le Parlement sur le processus de sortie de l’UE.

Soixante-quinze parlementaires europhiles ont également engagé une procédure judiciaire auprès de la plus haute instance civile d’Ecosse contre la décision de M. Johnson, dans l’attente d’une audience le 6 septembre.

“Le Parlement n’allait de toute façon pas siéger pour la plus grande partie de cette période. C’est totalement constitutionnel et approprié”, a toutefois défendu le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg, fervent Brexiter.

Cette indignation est “créée par des gens qui ne veulent pas que nous quittions l’Union européenne” même si les Britanniques se sont prononcés à 52% en faveur du Brexit lors du référendum de 2016, a-t-il dit sur la BBC.

Mercredi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Parlement à Westminster pour protester contre la décision politique, qu’ils qualifient de “coup d’Etat” démocratique, tandis que des milliers de personnes ont manifesté dans les villes de Londres, Manchester, Edimbourg et d’autres grandes villes. D’autres rassemblements sont également prévus durant ce week-end.

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