Propulsée au premier plan par la crise sanitaire du covid-19, la digitalisation s’avère un virage décisif pour libérer le plein potentiel des start-ups marocaines qui ne ménagent aucun effort pour réussir une transition fructueuse, mais surtout durable.

Un tournant qui a permis à ces start-ups, lesquelles s’appuient sur l’innovation et la créativité afin de s’imposer dans les différents secteurs d’activité, de franchir le pas vers une nouvelle ère pour élargir leurs bases de clientèle et de mieux gérer la distribution et les paiements et ce, via les multiples canaux qu’offre la digitalisation.

Toutefois, des efforts, notamment en matière d’accompagnement et de financement, restent encore à déployer pour permettre à ces petites unités agiles de booster leurs gains et par conséquent, améliorer leur contribution à l’essor de l’économie nationale.

C’est ce qu’a affirmé Mehdi Laraki, Fondateur et CEO de Mahali Group Africa, qui estime que l’écosystème des start-ups au Maroc est florissant et plein d’ambition, créativité et talent.

“On commence à sentir un réel mouvement digital et entrepreneurial dans notre pays. Beaucoup de nouveaux projets ont vu le jour au Maroc, mais sont dans l’incapacité de prospérer compte tenu des difficultés administratives et du manque de financement”, a-t-il dit dans une interview accordée à la MAP.

Et de soutenir que des programmes d’incubation existent, mais sont beaucoup trop prématurés et inexpérimentés pour accompagner les start-ups marocaines.

A cet égard, M. Laraki a cité l’exemple d’un incubateur qui pour un prêt d’honneur de 500.000 dirhams, prend 240.000 dhs pour 12 journées sur différents thèmes. “Je constate souvent dans ces programmes l’absence d’interventions sur des thèmes clefs, dont dépend la souveraineté technologique marocaine”, a-t-il relevé.

M. Laraki a, en outre, appelé à plus de synergie et de coopération entre les entités d’accompagnement. “En effet, chacune d’entre elles a des exigences différentes. Pour répondre à ces exigences, les entrepreneurs mettent en péril leur financement précédent, ou encore doivent se transformer en une entreprise de recherche et développement”.

Les conflits que cela provoque génèrent des ralentissements de financement inacceptables de plusieurs années pour des startuppers qui doivent au contraire être rapides pour survivre, réussir et exporter leur projet à l’international, a noté M. Laraki.

Des actions structurelles s’imposent !

De l’avis de Adil Khalis, économiste expert en entrepreneuriat/TPME (très petites, petites et moyennes entreprises), un constat est largement partagé, selon lequel malgré les efforts consentis pour booster cet écosystème, le Maroc reste en deçà de pays comparables, voire même des pays moins développés en termes de création de startups.

“Cela pourrait être expliqué par un certain nombre de lacunes et faiblesses d’ordre structurels, face auxquelles il faudrait des actions structurelles pour les combler”, a-t-il dit dans une déclaration à la MAP.

Et de soutenir que certes, les efforts en termes d’accompagnement technique et financiers au profit de cette catégorie d’entrepreneurs sont non négligeables durant ces dernières années, mais dont l’impact laisse à désirer dans un contexte entrepreneurial marqué par de fortes entraves à la concurrence libre dans le marché (barrières à l’entrée directes ou indirectes), générant ainsi de la frustration et une perte de confiance des startupeurs potentiels qui les dissuadent de continuer leur aventure.

Quid des perspectives ?

Pour M. Khalis, les perspectives pour le développement de l’écosystème des startups au Maroc sont bonnes à condition d’engager ces actions de réformes structurelles.

Le Royaume jouit d’une position géostratégique et d’un capital immatériel propice au développement d’un écosystème de startup performant et compétitif comparé aux différents pays de la région, a-t-il fait valoir.

À cela s’ajoute l’important progrès enregistré au niveau des filières des nouvelles technologies (une forte pénétration d’Internet et de la téléphonie mobile, l’industrie électronique, etc).

Ce sont, d’après lui, “autant de facteurs qui laisse augurer de bonnes perspectives pour le développement de l’écosystème des startups au Maroc, pourvu que cela soit accompagné par de véritables réformes du climat des affaires au Maroc”.

Start-up: l’écosystème poursuit son expansion

Malgré les multiples défis à relever, l’écosystème des start-ups au Maroc poursuit son expansion et ne cesse de séduire et d’encourager les jeunes talents à privilégier ce challenge.

A en croire les chiffres de la plateforme “Startuphub Maroc”, les start-ups référencées sont au nombre de 253 unités, réparties, selon la phase, sur l’idéation (6), l’amorçage (105), le scaling (133) et l’internationalisation (10).

Par région, 59% de ces start-ups sont à Casablanca-Settat, 20% à Rabat-Salé-Kénitra, 8% à Marrakech-Safi et 13% dans les autres régions.

Pour ce qui est des secteurs, c’est le retailTech qui domine avec 13%, suivi des e-services (11%), de l’adTech (10%), de l’edTech (9%), du smartTech (8%), de la finTech (6%) et des autres secteurs (43%).

A noter que cette plateforme fédère les différents acteurs de cet écosystème, en fournissant aux start-ups un espace d’information, d’appui et de référencement tout au long de leur cycle de vie et aux porteurs d’initiatives une visibilité et une communication sur leurs offres.

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