Européens et Britanniques auront les yeux rivés jeudi et vendredi sur Bruxelles où se tiendra un sommet européen crucial pour l’issue du Brexit, alors que des éclaircies semblent se profiler à l’horizon après une longue période de tractations.

En dépit de la multitude de dossiers épineux qu’ils auront sur la table (budget de l’UE, changement climatique, agenda politique de la prochaine Commission européenne…), les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se retrouveront dans la capitale européenne avec l’espoir de boucler un accord avec le Royaume-Uni sur le Brexit.

Ces derniers jours, les deux camps ont intensifié leurs discussions pour sortir d’une impasse qui n’a que trop duré et trouver un terrain d’entente sur les modalités du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Qualifiées de “constructives” par le négociateur européen en chef sur le Brexit, Michel Barnier, ces pourparlers ont fait renaître l’espoir de parvenir à un accord qui puisse satisfaire les exigences de Londres et de Bruxelles.

S’il s’était montré dimanche prudent en estimant qu'”il reste beaucoup de travail à faire” pour conclure un tel arrangement, M. Barnier a soufflé un vent d’optimisme mardi en déclarant à son arrivée à un Conseil des ministres européens des Affaires étrangères qu’un accord “est encore possible cette semaine”.

Ce ton positif a été partagé par le ministre britannique du Brexit Steve Barclay et par plusieurs chefs de la diplomatie de pays européens qui ont évoqué la possibilité de parvenir cette semaine à un accord sur un divorce à l’amiable entre Londres et Bruxelles.

Ainsi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a estimé que si les négociations durent, c’est un signe “plutôt positif” afin de sortir de l’impasse.

Le président du Conseil européen Donald Tusk, avait, de son côté, évoqué la semaine dernière lors d’un déplacement à Nicosie des “signes prometteurs”, insistant que “même la plus infime chance doit être saisie” et q’un “no deal” ne constituerait “jamais le choix de l’UE”.

Le sommet européen sera ainsi l’occasion de dissiper le brouillard qui n’a cessé de s’épaissir sur Londres et Bruxelles ces derniers mois et de donner des éléments de réponse sur les questions qui tracassent les citoyens et les milieux politiques et économiques.

L’idéal serait de parvenir à un accord d’ici le sommet de cette fin de semaine pour le soumettre aux dirigeants européens avant un éventuel vote. Sauf que l’horloge tourne pour les Européens et les Britanniques qui doivent surmonter leurs divergences persistantes, notamment sur la question épineuse de la frontière irlandaise, principale pomme de discorde entre les deux parties.

Londres et Bruxelles peinent, en effet, à s’entendre sur la manière d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre le la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord après le Brexit.

Alors que l’UE ne cesse de réitérer son attachement à la disposition du filet de sécurité “backtop”, contenue dans l’accord de retrait négocié avec Theresa May, et qui prévoit que le Royaume-Uni tout entier reste dans un “territoire douanier unique” avec l’Union européenne, faute de meilleure solution à l’issue d’une période transitoire afin de préserver la paix en Irlande, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, exprime son refus catégorique de cette proposition.

C’est ainsi qu’il vient de présenter il y a quelques jours un nouveau plan alternatif au backstop qui prévoit que l’Irlande du nord appartienne à la même zone douanière que la Grande-Bretagne mais que la province britannique conserve les régulations de l’UE pendant une période de transition.

Cette offre n’a pas eu grâce aux yeux de Bruxelles qui a pointé du doigt l’absence de “garanties nécessaires” à l’UE et à l’Irlande en raison essentiellement de la reconstitution des contrôles douaniers pour les marchandises traversant la frontière intra-irlandaise, ce qui est synonyme du retour d’une frontière physique fracturant à nouveau en deux l’île d’Irlande.

Selon des médias européens, Londres devra finalement lâcher du lest pour trouver une solution à ce casse-tête. La rencontre jeudi dernier entre le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et son homologue irlandais, Leo Varadkar, a d’ailleurs donné des signes dans cette direction, relèvent-ils sans pour autant donner davantage de détails.

Malgré cette dynamique positive enclenchée ces derniers jours, rien n’est encore gagné. Par ailleurs, même si un potentiel accord est entériné par les dirigeants européens lors de leur sommet à Bruxelles, encore faut-il qu’il passe le cap du Parlement britannique qui devrait se réunir exceptionnellement samedi, ce qui n’est pas chose aisée vu son rejet du précédent accord à trois reprises.

Si Londres et Bruxelles n’arrivent pas à accorder leur violons, l’autre alternative reste un nouveau report du Brexit, mais Boris Johnson qui persiste à vouloir quitter le bloc européen coûte que coûte le 31 octobre, est farouchement opposé à cette option en dépit du vote par le parlement britannique d’une loi l’obligeant à demander une extension à l’UE faute d’accord d’ici le 19 octobre.

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