La réaction insensée de l’Algérie, qui va à l’encontre de la volonté de la communauté internationale au sujet de la question du Sahara marocain, engouffre encore plus Alger dans un état de rancœur et d’insouciance prononcées, écrit jeudi le quotidien arabophone +Al-Ittihad Al-Ichtiraki+.

Dans un article intitulé “Le Maroc uni, éternel et prometteur…et le séparatisme caduc” de son auteur Talaâ Saoud Al-Atlassi, la publication relève que la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, adoptée en octobre dernier et qui consacre la démarche pacifique du Maroc, reflète une volonté internationale ferme de faire sortir le dossier de ce conflit artificiel de l’oubli pour le repositionner aux devants de la scène.

Le journaliste et analyste fait remarquer, dans ce contexte, que la réaction insensée de l’Algérie vis-à-vis de la nouvelle situation a donné lieu à des rebondissements qui imposent de trouver une issue à ce conflit avant que l’étau de la rancœur et de l’insouciance ne se resserre davantage autour d’Alger.

L’Algérie a manipulé les séparatistes du polisario pour semer le désordre dans la zone tampon d’El Guerguerat, dans un dessein qui trahit son rejet des résolutions et démarches pacifiques de l’Onu tout en tentant de créer un “territoire libéré” pour conférer un semblant de légitimité au séparatisme et rendre caduc le cessez-le-feu de 1991, relève M. Saoud Al-Atlassi, ajoutant que tous ces agissements visaient à semer le doute autour de la position internationale par rapport au conflit du Sahara marocain.

Il rappelle que l’opération menée par les Forces armées royales à El Guerguerat a mis fin au “désordre séparatiste” et l’a vidé de sa substance diplomatique présumée. Grâce à cette intervention, la volonté pacifique de la communauté internationale a été épargnée alors que “les cris et menaces des vaincus et des perdants dans une guerre imaginaire ont fait de l’agence de presse algérienne (APS) une base militaire pour des lance-missiles dont les feux ne touchent que ses propres fake news”, indique-t-il.

Il relève, en outre, que le dynamisme lié au dossier du Sahara marocain semble être en ébullition et se dirige vers une solution tant attendue.

Pour l’auteur de l’article, la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara, qui a conforté la légitimité de l’approche nationale d’unité, et la valse diplomatique qui a accompagné cette décision, avec l’ouverture de consulats dans les provinces du Sud, ont ébranlé la perception que se font les dirigeants d’Alger de la situation et du devenir du conflit.

L’Algérie tentera de lancer, par l’entremise du polisario, une offensive politique contre l’ONU en l’accusant de parti pris en faveur du Maroc, dit-il, mettant en exergue la sincérité de l’approche marocaine et révélant au grand jour “l’isolement” dans lequel s’empêtre l’Algérie. “L’objectif séparatiste qu’Alger soutient et parraine depuis des décennies ne trouve pas preneur au sein du Conseil de sécurité, poursuit-il.

En effet, souligne M. Saoud Al Atlassi, l’ONU que l’Algérie a attaquée par le biais du polisario, représente à juste titre la volonté des Etats sur lesquels le Maroc n’exerce aucune influence, précisant que ces Etats considèrent que le conflit autour du Sahara marocain a trop duré et, de par sa proximité avec la région du Sahel et du Sahara, risque de contribuer à l’embrasement de cette partie du monde et à la prolifération et l’exportation du terrorisme.

Ces pays insistent sur une solution pacifique, réaliste, juste, durable et consensuelle, qui tient compte de la situation dans la région et de la réalité du conflit, pour parvenir à l’autodétermination de cette frange des Marocains sahraouis dans les camps de Tindouf”, fait observer le journaliste, ajoutant que “la majorité des Marocains sahraouis sont dans leurs villes et villages au Sahara marocain. Il y résident, y travaillent, y produisent et contribuent à l’avenir d’un Maroc uni, à travers leur attachement au processus d’un développement national global”.

Cette situation cristallise l’échec de l’Algérie qui se voit incapable d’aller jusqu’au bout dans son projet séparatiste, dit-il, relevant qu’aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ni l’ONU ne reconnaissent la pseudo république. Même constat dans le monde arabe – à l’exception de l’Algérie, parrain des séparatistes, indique l’analyste.

Dans la même veine, M. Saoud Al Atlassi fait observer qu’aucun pays européen ne reconnait ce “micro-état”, même si quelques organisations de la société civile locale interagissent avec le front séparatiste, ajoutant que 45 pays ont retiré leur reconnaissance du polisario depuis l’année 2000, après s’être rendus compte des intentions réelles d’Alger. Au total, 164 Etats membres de l’ONU ne reconnaissent pas ce “produit séparatiste”. N’est ce pas là un isolement qui ne fait que s’accentuer?”, s’interroge-t-il.

L’auteur de l’article estime, en outre, que le choix de la paix fait par la communauté internationale au Conseil de sécurité rétrécit la marge de manoeuvre des dirigeants d’Alger et “les accule à un isolement politique de plus en plus suffocant”, faisant remarquer que cet état des lieux exacerbe les “guerres intestines” dans le pays et l’effet du hirak qui vient perturber l’ensemble des actions politiques de ces dirigeants.

L’Etat algérien post-indépendance a épuisé sa légitimité devant la mutation profonde de la société algérienne, indique l’analyste, notant que ce changement difficile met les généraux face à une question existentielle.

Dans le même sillage, l’auteur affirme que le mouvement séparatiste ressent lui-même la profondeur de la crise dans laquelle se bat la direction algérienne et indique qu’il sera la première victime de sa désintégration. Cette désintégration sera le prix à payer dans toute transformation que cette direction algérienne pourrait entreprendre, que ce soit vis-à-vis de son peuple ou au vu des changements dans la région, y compris l’effort international pour résoudre le conflit autour du Sahara marocain.

Dans ce contexte, l’auteur de l’article épingle les liens qu’entretient le polisario avec des mouvements terroristes et séparatistes dans la région du Sahel et du Sahara en vue de sécuriser son arrière-garde et renforcer ses capacités de négociation devant son parrain en cas de pression.

Il s’agit, selon le journaliste, d’une orientation qui se précise avec le temps, et qui est devenue un sujet qui intéresse les centres de recherche stratégique, “qui y voient une escalade des tensions et des dangers régionaux dont l’Algérie risque de faire les frais en termes de stabilité et de sécurité.”

Les manœuvres précédentes d’Alger visant à induire le monde en erreur sont tombées à l’eau, relève-t-il.

Et de conclure que les bienfaits du soutien à la légitimité et à la démarche du Maroc en faveur de la préservation de son unité nationale, de la paix et de la coopération dans la région ne sont plus à démontrer.

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