La perspective de hausses d’impôts se dessine à l’horizon au Royaume-Uni pour financer les centaines de milliards de livres d’aides gouvernementales dépensées pour lutter contre l’impact du coronavirus, mais les économistes avertissent de ne pas le faire trop tôt sur une économie encore très fragile.

Mercredi, le ministre des Finances Rishi Sunak a averti les parlementaires britanniques que le gouvernement aurait besoin de “faire des choses difficiles” mais a voulu rassurer en promettant qu’il n’y aurait pas de “film d’horreur de hausses d’impôts sans fin”, ajoutant qu’il fallait montrer aux Britanniques “que nous prévoyons de rééquilibrer nos finances publiques”.

La dette publique du Royaume-Uni a dépassé fin juillet le seuil des 2.000 milliards de livres, une première historique qui symbolise l’impact brutal de la pandémie, et les aides injectées, notamment au maintien de l’emploi avec un chômage partiel mis en place en mars et qui va être progressivement retiré d’ici fin octobre.

Dans le même temps, le produit intérieur brut s’est effondré de 20,4% au deuxième trimestre à cause du confinement.

Cette contraction historique a réduit considérablement les rentrées fiscales, sans compter les baisses d’impôts temporaires consenties à des secteurs fragiles comme l’hôtellerie et la restauration.

Par conséquent, le déficit public a grimpé à des niveaux inédits, atteignant 150,5 milliards de livres entre avril et juillet.

Certains économistes, comme ceux du centre de réflexion IFS, s’inquiétaient toutefois d’une augmentation prématurée des impôts: “ce n’est pas le moment d’augmenter les impôts: l’économie est encore fragile, la reprise démarre à peine” fait valoir le centre de réflexion IFS dans une note mercredi.

Il admet toutefois que “ce moment viendra probablement” et qu’il y a “beaucoup d’options” pour le faire. Outre une augmentation des trois principaux impôts (sur le revenu, les contributions à l’assurance maladie, et la taxe sur la valeur ajoutée) des impôts ciblés liés à la pollution peuvent aussi être envisagés.

“Il y a aussi des options pour viser par exemple les plus hauts revenus ou la fortune” même si “la meilleure possibilité serait de ne pas augmenter les impôts mais de les réformer”, à l’instar de la taxe sur l’immobilier commercial (business tax), remarque l’IFS.

La presse britannique affirmait dimanche, citant des sources anonymes, que le Chancelier de l’Echiquier étudiait des hausses qui pourraient atteindre 20 à 30 milliards de livres notamment en augmentant les taxes sur le carburant, en introduisant un prélèvement sur les ventes en ligne, en alignant les taxes sur les gains liés aux capitaux sur l’impôt sur le revenu ou encore en augmentant l’impôt sur les sociétés.

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