Le parcours de l’artiste peintre marocain Mohamed Hamidi a été au centre d’une table ronde organisée jeudi à Rabat sous le thème “Mohamed Hamidi en dialogue avec Youssef Wahboun et Hicham Daoudi”, dans le cadre de l’exposition rétrospective “Hamidi, artiste affranchi”.

Initiée par la Fondation de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) en marge de la célébration du 60-ème anniversaire de la création de la CDG, cette table ronde animée par l’écrivain, poète et artiste-peintre Youssef Wahboun et le promoteur artistique Hicham Daoudi, a été l’occasion de faire un “Flash-back” sur le parcours de Mohamed Hamidi et puiser dans la mémoire d’un artiste qui représente l’idéologie des années 60 et 70.

Les interventions ont porté sur diverses questions liées à l’art et à l’aspect tyrannique de l’enseignement de l’art plastique adopté dans le passé et son impact sur le futur de cet art.

A cette occasion, Youssef Wahboun s’est dit honoré de sa présence à la table ronde d’un artiste aussi important de l’histoire des arts visuels au Maroc, mettant en lumière son parcours, ses débuts, ses grandes œuvres et sa contribution à l’enrichissement de l’art marocain et arabe par l’audace de ses recherches des années 70 et par la sensibilité aux symboles africains qu’il pratique dans ses œuvres.

Youssef Wahboun a également présenté Mohamed Hamidi comme l’un des personnages ayant ancré la mémoire artistique collective grâce à la fameuse photographie qui immortalise les artistes participant à l’exposition “Présence plastique à Jamaa El Fna en 1669”, qui ont été à l’origine du “mouvement de Casablanca” mondialement connu.

Pour sa part, Hicham Daoudi a mis en exergue la position originale qui pèse sur les œuvres et les photographies de Hamidi tout en exposant sa trajectoire personnelle qui retrace l’histoire d’un rapport particulier à l’espace, à la tentation de l’immensité et aux options de la verticalité et de l’horizontalité.

Il a ensuite évoqué le nombre de fois où Mohamed Hamidi a été honoré dans de grands musées du monde, comme témoignage d’un parcours artistique remarquable.

Pour sa part, le Directeur du musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain (MMVI), Abdelaziz El Idrissi, a salué l’initiative de la CDG et a remercié ses dirigeants d’avoir offert au peintre l’occasion de constituer son propre catalogue, permettant ainsi aux amateurs de lire et relire l’histoire de l’art et donnant la visibilité aux artistes marocains.

L’exposition rétrospective “Hamidi, artiste affranchi”, qui se tient du 19 décembre au 29 février, permet au public de communier avec l’oeuvre de cet artiste et de célébrer son parcours impressionnant et invite à une lecture renouvelée de son travail et de ses démarches à travers le fil du temps.

Né le 7 août 1941 à Casablanca, Mohamed Hamidi suit ses études à l’École supérieure des Beaux-arts de Casablanca. Il part ensuite en France pour une formation à l’École nationale supérieure des Beaux-arts et à l’École des métiers d’art de Paris. De retour au Maroc, il rejoint le collectif composé des peintres Mohamed Melehi, Farid Belkahia, Mohamed Hafid et Mohamed Ataallah dans l’exposition manifeste de la place Jamaâ El-Fna, tenue en mars 1969.

Artiste engagé, il est à l’origine d’une initiative qui vise le développement d’Azemmour par l’art. Il invite, en 2005, une vingtaine de peintres à réaliser des peintures murales dans la médina d’Azemmour.

Depuis 1958, Mohamed Hamidi participe régulièrement à des expositions individuelles ou collectives, au Maroc et à l’étranger.

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