Les dirigeants de la Serbie et du Kosovo reprennent mardi à Bruxelles leurs discussions sous l’égide de l’UE en vue de trouver une solution à l’un des conflits territoriaux les plus difficiles à résoudre en Europe.
“Nous savons que ce dialogue ne sera pas facile. Mais ce processus et un engagement sincère des deux parties sont nécessaires dans l’intérêt des populations du Kosovo et de la Serbie”, a averti le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avant la réunion.
“Nous sommes impatients de poursuivre le dialogue avec le président (Aleksandar) Vucic et le Premier ministre (Albin) Kurti et j’espère que nous aurons une réunion agréable, importante et utile”, a-t-il ajouté.
La réunion sera la première depuis la victoire historique au Kosovo d’Albin Kurti lors des élections législatives de février. Le Premier ministre, membre du mouvement réformiste de gauche Vetëvendosje (VV), s’est engagé à adopter une nouvelle approche dans les discussions avec le président serbe Aleksandar Vucic.
“Il y a un nouvel élan, et nous devons l’utiliser”, a insisté Josep Borrell. “Il est important de saisir cette opportunité (…) car les relations entre la Serbie et le Kosovo sont très importantes pour la stabilité de toute la région (des Balkans occidentaux), pour la stabilité à long terme, pour le progrès économique”.
“Sans un accord entre le Kosovo et la Serbie, ces relations seront mises en péril”, a-t-il mis en garde.
Les relations entre les deux voisins des Balkans restent compliquées plus de 20 ans après leur séparation par la guerre. Le dernier entretien entre dirigeants des deux pays remonte à juillet 2020.
Belgrade refuse de reconnaître l’indépendance de son ancienne province proclamée en 2008, près de 10 ans après le conflit qui s’était terminé lorsque des bombardements de l’Otan avaient contraint les forces serbes à se retirer.
“Je ne m’attends à rien de lui”, a déclaré le président serbe à la télévision nationale en parlant de son interlocuteur. “Ce qui m’intéresse, c’est ce que vont dire les représentants de l’Europe. Ils sont les co-signataires de l’accord de Bruxelles”.
L’accord signé en 2013 prévoit la création d’une association de 10 municipalité où les Serbes sont majoritaires au Kosovo. Mais il est resté lettre morte, Belgrade et Pristina ne s’entendant pas sur leurs compétences.

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