–Par Mouad El Houari–

Casablanca – La question de la représentation nationale des joueurs binationaux, qui a suscité moult controverses, a connu récemment un nouveau rebondissement sur la scène internationale à la faveur d’un assouplissement opéré par la FIFA lors de son 70è congrès.

Tenu en visioconférence en raison de la pandémie du Covid-19, le 70è congrès de l’instance faîtière du ballon rond mondial a permis d’apporter un certain nombre d’amendements, facilitant, entre autres, un changement de représentation nationale pour les joueurs disposant d’une double nationalité.

Par la voix de sa commission du Statut du joueur, la FIFA a ainsi donné la possibilité aux joueurs binationaux de changer de sélection. Une aubaine pour certains footballeurs, pris en otage dans une sélection pour laquelle ils ont opté à un âge où le choix de carrière internationale peut s’avérer difficile à opérer.

Ibrahim Afellay, Anouar Ghazi, Karim Bellarabi ou encore Khalid Boulahrouz… autant d’exemples de joueurs binationaux qui ont opté, par le passé, pour les sélections de leurs pays d’adoption respectifs et ont disparu des radars après leurs premières et rares convocations.

Une problématique qui a perduré durant plusieurs années, privant des footballeurs talentueux d’une carrière internationale après un choix de sélection dont les motivations varient d’un joueur à un autre.

Ce nouvel amendement apporté par la FIFA est une “révolution géofootballistique”, a affirmé Maître Karim Adyel, avocat spécialisé en droit du football.

Approché par la MAP, Maître Adyel a souligné que cet amendement, qui a vu le jour lors du 70è congrès de la FIFA, va permettre à certains joueurs binationaux d’envisager une seconde carrière internationale avec une sélection différente.

La nouvelle règle comporte, toutefois, certaines conditions limitatives, a nuancé M. Adyel qui précise que les binationaux souhaitant changer de nationalité doivent être âgés de moins de 21 ans lors de leur première sélection et doivent compter moins de trois matchs avec leur première sélection, que ce soit lors d’une compétition officielle ou amicale.

Le consultant international a expliqué que la nouvelle règle ne concerne d’ailleurs que les joueurs qui n’ont plus reçu de convocation en sélection depuis au moins trois ans et n’ont pas participé à une phase finale d’une Coupe du monde ou d’une compétition organisée par une Confédération (CAN, EURO, etc..).

“Ces différentes mesures permettront également aux équipes africaines de récupérer certains joueurs pour leurs sélections”, estime-t-il, notant qu’elles mettront fin par le même biais “à la course des entraîneurs européens de faire signer des jeunes joueurs qu’ils n’utiliseront d’ailleurs probablement pas afin de les empêcher de porter les couleurs de leurs pays d’origine”.

Également arbitre au Tribunal arbitral du sport (TAS), M. Adyel a noté que l’adoption de cet amendement pourra aussi avoir “un impact considérable sur les conflits qui opposent constamment les différentes fédérations africaines à celles européennes pour convaincre les joueurs binationaux d’opter pour leur pays d’origine”.

Côté marocain, la sélection nationale a déjà bénéficié de ce nouvel amendement après l’acceptation des demandes de changement de représentation des joueurs Ayman Barkok (Eintracht Francfort) et Samy Mmaee (Saint-Trond).

Mais contrairement à ces derniers, qui ont pris part aux matchs amicaux de la sélection au mois d’octobre dernier, puis au match officiel contre la Centrafrique en éliminatoires de la CAN-2021, Munir El Haddadi a vu sa demande de changement rejetée par la FIFA.

La Commission du statut du joueur a rejeté la demande de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) en expliquant que le joueur a participé avec la sélection espagnole des moins de 21 ans en ayant dépassé l’âge de 21 ans de 41 jours et que l’amendement ne concerne que les joueurs ayant moins de 21 ans lors de leur participation avec leur première sélection.

Très attachée aux services de l’attaquant qui souhaite rejoindre la tanière des Lions de l’Atlas, la FRMF a fait appel de cette décision auprès du TAS qui a fini par rejeter l’appel et confirmer la décision de l’instance internationale.

MDJS CHALLENGE VIRTUEL
Bouton retour en haut de la page
Fermer