Les différents acteurs politiques (gouvernement, opposition et partis politiques) seront confrontés, lors de cette rentrée politique aux défis impliqués par les circonstances actuelles et à trouver des solutions efficaces pour faire face à la propagation de la pandémie de la Covid-19.

En effet, le gouvernement et les partis politiques sont appelés, entre autres, à œuvrer davantage pour renforcer la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens marocains.

Selon les observateurs, cette rentrée politique revêt un caractère particulier, puisqu’elle dépendra de trois principales variables à savoir le coût économique et social de la pandémie de Covid-19, la publication du nouveau modèle de développement et le déclenchement du compte à rebours pour les prochaines élections, prévues en 2021.

Dans ce sens, le chercheur et analyste politique, Atik Essaid a déclaré à la MAP que cette rentrée politique intervient dans un contexte particulier marqué par la propagation de la Covid-19 et des défis économiques et sociaux qu’implique cette situation.

L’enseignant à l’Université Hassan II de Casablanca a affirmé que cette situation exceptionnelle nécessite une réforme complète des secteurs vitaux, tout en se concentrant sur les questions sociétales relevant des secteurs de la santé, de l’éducation et de la sûreté.

Les différents acteurs politiques marocains sont appelés à contribuer à la nouvelle dynamique que connait le rôle de l’Etat, comportant une nouvelle formule de gestion pour la révision des secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation et l’économie, a relevé, de son côté, le chercheur à l’université Cadi Ayyad de Marrakech, M’hammed Belarbi, mettant en exergue la nécessité de déployer une action commune à même de réduire les disparités sociales et promouvoir la cohésion sociale lors de l’étape post-Covid.

En outre, le chercheur a abordé l’initiative Royale de création d’un fonds d’investissement stratégique à même de remplir une mission d’appui aux activités de production, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé.

Il s’agit, selon lui, de booster la dynamique économique nationale, en parallèle aux réformes liées à l’éducation, l’habitat, l’emploi, la santé et la lutte contre la pauvreté.

Par ailleurs, M. Essaid a indiqué que le gouvernement est tenu d’adopter des mesures à même de rompre avec les pratiques pré-pandémie, dont l’impact sur l’action politique est considérable, mettant en relief l’importance d’adopter une gestion budgétaire axée sur les résultats et qui permette une transition progressive de l’approche verticale étroite à une approche horizontale globale et intégrée.

Le chercheur a relevé que la mise en oeuvre des priorités régissant l’agenda politique en cette période implique un retour vers l’esprit économique national tel une priorité imposée pour la mise en place d’un mécanisme de stabilité et d’équilibre financiers, compte tenu des répercussions négatives de la pandémie de Covid-19.

Concernant l’aspect social, la généralisation de la couverture sociale, annoncé par SM le Roi Mohammed VI dans le dernier discours de la fête du Trône, constitue un nouveau chantier principal pour cette nouvelle rentrée politique.

M. Essaid estime qu’il s’agit d’un projet innovant, nécessitant une réforme gouvernementale dans la gestion du système de protection sociale au Royaume, expliquant que la couverture sociale sera généralisée en 2025, soit un délai de 5 ans.

De même, l’académicien a mis en relief la réforme des systèmes et programmes sociaux déjà en place, notamment à travers l’opérationnalisation du Registre social unifié (RSU), nécessitant un grand effort d’investissement.

De même, cette nouvelle rentrée sera marquée par la préparation aux prochaines élections que le Royaume connaîtra en 2021.

Il convient de rappeler que le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit a tenu en juillet une réunion avec les secrétaires généraux et présidents des partis politiques représentés au parlement, dans le cadre des échanges sur les prochaines échéances électorales.

M. Belarbi affirme, à ce propos, que ces prochaines échéances électorales prévues au Royaume en 2021, connaîtront le renouvellement de l’ensemble des institutions représentatives nationales locales et professionnelles, qu’il s’agisse de conseils communaux, de conseils provinciaux, de conseils régionaux, de chambres professionnelles, d’élections des représentants des salariés ou des deux chambres parlementaires.

L’universitaire a noté que la préparation des élections se manifestera par la modification ou le maintien du schéma et seuil électoraux, mettant en exergue les recommandations de certains acteurs politiques pour un éventuel retour au scrutin “uninominal/de liste” à défaut du scrutin de liste.

Il a, également, insisté sur le besoin d’agir en vue de la consolidation de la confiance des citoyens dans les institutions, mais aussi pour la promotion de leur crédibilité, soulignant la nécessité de présenter des élites aptes à contribuer aux efforts du Royaume pour faire face à cette crise sanitaire.

M. Essaid, quant à lui, estime que lors de la prochaine étape, les forces politiques seront menées à se concentrer davantage sur l’efficacité et l’efficience de la gestion publique, à même de s’adapter rapidement au contexte de la pandémie et de refléter les besoins du citoyens en cette période exceptionnelle.

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