Bruxelles espère arriver à des “résultats importants” en 2021 sur la réforme de l’asile présentée en septembre mais sans percée jusqu’à présent, les Vingt-Sept restant très divisés sur cette question ultrasensible, cinq ans après la crise migratoire de 2015.

Les pays continuent à s’opposer notamment sur la répartition des demandeurs d’asile, les pays en première ligne pour l’arrivée de migrants (Italie, Espagne, Grèce, Malte) réclamant davantage de solidarité de la part de leurs partenaires, tandis que les pays de l’Est comme la Hongrie et la Pologne refusent de se voir imposer l’accueil de réfugiés.

“J’espère que nous arriverons à des résultats importants pendant la présidence portugaise” de l’Union européenne, qui commence le 1er janvier pour six mois, a déclaré lundi la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des ministres européens.

L’Allemagne, qui assure cette présidence tournante de l’UE jusqu’à la fin de l’année, espérait initialement parvenir à un accord de principe sur des points clés du nouveau “Pacte sur la migration et l’asile”, dévoilé le 23 septembre par la Commission.

Mais le secrétaire d’Etat allemand à l’Intérieur Stephan Mayer a reconnu que le noeud gordien “n’a pas encore été tranché”.

Il s’est toutefois félicité que “tous les Etats membres jugent que la proposition de la Commission constituait une bonne base” de discussions.

La commissaire suédoise, qui n’a pas voulu se prononcer sur une date d’une possible adoption du Pacte, a souligné que la pandémie avait compliqué les pourparlers en empêchant les réunions physiques qui sont plus propices à des compromis que les vidéoconférences.

Le “rapport d’étape” de la présidence allemande de l’UE reconnaît “que le débat sur le nouveau pacte en est encore à ses débuts”.

Si les Etats membres sont d’accord pour renforcer les partenariats avec les pays d’origine et de transit des migrants, “encore beaucoup de dialogue” est nécessaire sur la question de la solidarité entre pays de l’UE et sur les procédures aux frontières, selon Ylva Johansson.

La proposition sur la table prévoit des procédures d’asile accélérées aux frontières extérieures et des expulsions plus rapides des demandeurs d’asile déboutés.

Le Pacte propose aussi qu’en cas d’afflux migratoire, les pays de l’UE qui ne veulent pas accueillir des réfugiés devront participer au renvoi des déboutés du droit d’asile depuis le pays européen où ils sont arrivés vers leur Etat d’origine. En cas d’échec, ils devraient les accepter chez eux.

Bouton retour en haut de la page
Fermer