Le Conseil de sécurité de l’ONU a vigoureusement condamné vendredi les violations de l’accord de paix en République centrafricaine, ainsi que les violences perpétrées par certains groupes armés avec le soutien de l’ancien Président François Bozizé, «visant à saper le processus électoral».

Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil ont rappelé que « les individus et entités qui se livrent ou apportent leur soutien à des actes qui portent atteinte à la paix, à la stabilité ou à la sécurité de la RCA (…) peuvent être désignés sous le régime de sanctions du Conseil de sécurité».

Ils ont également condamné le discours de haine et l’incitation à la violence alimentés par des campagnes de désinformation et ont exhorté toutes les parties signataires de l’accord de paix de février 2019 à honorer pleinement leurs engagements et à s’engager sur la voie du dialogue et de la paix.

La République centrafricaine a décrété, jeudi 21 janvier, l’état d’urgence pour quinze jours sur l’ensemble du territoire face à la menace de groupes armés.

Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, Mankeur Ndiaye, a alors prévenu que la République centrafricaine était confrontée à un grave risque de recul en matière de sécurité. Il a demandé 3.000 Casques bleus supplémentaires pour permettre à la Mission de paix des Nations Unies (MINUSCA) qu’il dirige de disposer d’un outil robuste et adapté à la menace.

Les Quinze ont souligné vendredi «la nécessité urgente et impérative de mettre fin à l’impunité en RCA et de traduire en justice les auteurs de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme ». Ils ont également encouragé les autorités nationales à poursuivre leurs efforts pour rendre opérationnelle la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation.

Le Conseil de sécurité a félicité les électeurs centrafricains pour leur détermination à exercer leur droit de vote aux élections du 27 décembre 2020, malgré les intimidations et les violences dans certaines parties du pays. Il a pris acte de la décision de la Cour constitutionnelle qui a validé le 18 janvier la réélection du Président sortant, Faustin Archange Touadéra, et a appelé toutes les parties prenantes à respecter la décision de la Cour.

Les membres du Conseil de sécurité ont pris note de la demande des autorités centrafricaines de lever l’embargo sur les armes et ont réaffirmé qu’ils étaient prêts à revoir cet embargo.

Ils ont condamné dans les termes les plus vifs la multiplication des attaques contre les travailleurs humanitaires et ont appelé toutes les parties à respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire.

Les membres du Conseil de sécurité ont fermement condamné les attaques en cours contre la MINUSCA et ont réaffirmé que les attaques contre les soldats de la paix pouvaient constituer des crimes de guerre, rappelant qu’il était important que la Mission dispose des capacités nécessaires pour s’acquitter de son mandat.

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