“Le poète est parti, la radio a pris sa place”, disait le Prix Nobel de la littérature, Naguib Mahfouz. Cette mise en relation linguistiquement simple, mais sémantiquement si profonde, que l’écrivain égyptien a choisie, incarne à bien des égards la place du “hertzien” dans le champ culturel de toute société.

Objet de valeur autour duquel des familles se réunissaient pour le contempler avant de l’écouter, parfois même sans, la radio était pendant bien longtemps un chef-d’œuvre, une boîte à Merveilles qui semait la joie et cachait des surprises… Certains allaient même jusqu’à croire que les présentateurs et les musiciens se trouvaient dedans et finiraient, un de ces jours, par en sortir ! Hélas.

Changements de paradigmes sociaux l’imposent, cette composante devenue nécessairement irremplaçable allait “se muer” crescendo, en quête d’un modernisme qui lui permet d’être en concordance avec le temps.

En concurrence “frontale” avec d’autres médias, les stations radios étaient obligées de conserver et même d’accroître leur place spécifique dans la vie quotidienne et changer un certain mode d’alternance de paroles et de musique… et rien d’autre !

Un public jeune qui “regarde” la radio sur Internet, de nouvelles tendances et des musiques de plus en plus “colorées”, telles sont les nouvelles donnes.

Conséquemment à toute cette métamorphose subite, la sphère radiophonique nationale, comme partout ailleurs, n’a pas hésité à changer de trajectoire pour accompagner ces nouveaux “Lifestyle” et s’adjuger son acte de survie, celui de ne pas tomber dans l’oubli.

Alors que les radios publiques font les choses à une manière dont elles ont le secret, mêlant authenticité et modernité et gardant cette touche de “l’officiel”, les stations privées se sont offert plus de liberté, en proposant des programmes aussi bien décontractés que diversifiés, allant parfois jusqu’à la spécialité. Les exemples sont nombreux !

A ce propos, le président de l’Association des Radios et Télévisions indépendantes (ARTI), Kamal Lahlou déclare à la MAP que les contenus des radios privées sont diversifiés et s’orientent beaucoup plus vers l’information sociale et sociétale.

Président et fondateur de MFM Radio, M. Lahlou précise que ces stations ciblent un public très large, à l’exception de quelques-unes “spécialisées”, dans le sport ou la musique, entre autres.

C’est une diversification qui joint l’agréable à l’utile. Elle se décline plus clairement alors que les journalistes, animateurs et commentateurs, deviennent les front liners lorsqu’il s’agit de l’intégrité territoriale du Royaume, ou quand il est question de sensibiliser les “auditeurs-téléspectateurs” aux problèmes à intérêt commun, comme celui que le monde vit aujourd’hui, la Covid-19.

S’attardant sur les modalités de gestion de ces stations, M. Lahlou a fait savoir qu’elles sont régies de la même manière que toute entreprise avec des départements fonctionnels, en plus d’une structure de création et de production d’émissions, notant que la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) demeure la seule partie habilitée à les sanctionner en cas de “déroute”.

Force est de constater que l’image n’est pas tout rose ! En effet, certaines émissions radiophoniques passent moins de temps à préparer des sujets à valeur instructive et constructive que celui qu’elles gaspillent à la recherche “désespérée” du destructeur de la culture et des sociétés, “le Buzz” !

Que ce soit à travers les “personnages” invités ou via les sujets abordés, le nombre de vues et de partage demeure leur objectif ultime. Quelle ironie du sort !

Réagissant précisément à ce point, M. Lahlou était plus clair : “Le buzz est un succès viral qui ne reflète nullement le vrai intérêt. C’est un ensemble de propos provocateurs qui polluent le débat public”, a-t-il regretté.

Pour ce fin connaisseur de la sphère radiophonique, puisqu’il est également président de la Fédération marocaine des Médias (FMM), la radio est celle qui reste proche des auditeurs, de leur vie et préoccupations quotidiennes, tout en étant en interaction avec eux.

A rappeler que conformément à la loi de Finances 2021, le Fonds de développement audiovisuel a inclus les radios privées. L’ARTI et la FMM avaient salué ce changement, et s’étaient félicitées du caractère national que revêt “à nouveau” ce fonds, qui avait ce caractère “national” depuis 1997, avant que l’article 26 de la loi de Finances 2008 ne le réserve à l’audiovisuel public.

L’ARTI et la FMM avaient appelé les stations privées à fournir encore plus d’efforts pour assurer leurs dif­férentes missions, en particulier la défense du projet national et de ses causes sacrées.

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