Le Maroc fait figure de “modèle” en matière de solutions novatrices pour étendre la protection sociale, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Dans la mouture d’octobre de son rapport sur les Perspectives économiques régionales (PER), le FMI explique que l’une des difficultés majeures pour les pays émergents et les pays en développement qui mettent en œuvre une aide liée au coronavirus consiste à toucher les travailleurs de l’économie informelle.

“Plusieurs solutions numériques novatrices ont été mises en place récemment pour résoudre ce problème, et ont permis d’accroître le nombre de bénéficiaires des dispositifs de protection sociale et de mieux les cibler”, relève l’institution basée à Washington. En ce sens, soutient l’institution de Bretton Woods, “le Maroc fait figure de modèle”.

“Les autorités ont réussi à toucher les travailleurs informels en conjuguant des paiements mobiles aux bénéficiaires du régime d’assurance maladie non contributif (RAMED, régime d’assurance médicale) et des demandes d’aide monétaire en ligne pour les autres”, fait observer le FMI.

“Les ménages bénéficiaires de RAMED ont reçu un paiement mobile de 800 à 1 200 dirhams (80 à 120 dollars) en fonction de leur composition. En avril de cette année, ce programme desservait 85 % des ménages admissibles dans l’économie informelle”, peut-on lire dans le rapport.

Les solutions numériques augmentent le nombre de bénéficiaires visés, mais aussi contribuent à réduire les contacts humains durant une pandémie, explique-t-on.

Le rapport du FMI aborde également les perspectives de croissance de la région Moyen Orient et Asie centrale qui devrait se contracter de 4,1 % en 2020, soit un repli de 1,3 point de pourcentage supplémentaire par rapport aux prévisions d’avril 2020.

Le FMI indique que ces révisions s’expliquent par “les effets plus graves qu’anticipé du confinement sur la mobilité, qui s’ajoutent à la faiblesse de la croissance mondiale”.

“Les mesures d’endiguement prises depuis le début de la pandémie ont fortement pesé sur l’activité à compter de mars”, relève le rapport, notant que sous l’effet notamment de ces mesures, les pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan ont enregistré au premier trimestre un recul de leur PIB réel de 5 % en glissement annuel.

“Si les indices des directeurs d’achat font apparaître un certain rebond depuis quelques mois, les indicateurs restent ternes, plus ou moins aux alentours du seuil d’expansion”, fait observer l’institution de Bretton Woods.

Le FMI souligne que les pays exportateurs de pétrole ont été les plus fortement frappés, sous la forme d’une “double peine” imposée par la pandémie et par les fortes baisses de la demande et des prix du pétrole qui en ont résulté.

Après une chute qui a amené, entre mars et avril, les cours du pétrole à leur niveau le plus bas des vingt dernières années, l’accord conclu par l’OPEP+ en avril et prolongé en juin (avec pour effet une réduction de la production pétrolière) a permis de stabiliser les cours, rappelle-t-on.

“Si 50 % de la baisse survenue depuis fin 2019 ont été effacés, les prix restent à ce jour 40 % au-dessous des niveaux d’avant la COVID-19”, fait observer le FMI.

Selon le PER d’octobre, le prix du baril devrait remonter à 48 dollars à moyen terme (contre 41 dollars en 2020), soit 25 % environ en deçà du cours moyen de 2019.

Le rapport revient en détail sur les mesures prises par les gouvernements de la région pour endiguer l’effet de la pandémie, notant que certains pays, dont le Maroc, ont déployé des efforts pour contrôler les prix, principalement pour les produits essentiels et médicaux.

“Si la crise fait naître des difficultés communes à tous les pays de la région MOAC, on observe des disparités importantes entre les perspectives économiques à l’échelle des sous-régions”, indique le rapport, précisant que dans les pays exportateurs de pétrole de la région Moyen Orient Afrique du Nord Afghanistan et Pakistan (MOANAP), le PIB réel devrait reculer de 6,6 % en 2020.

Dans les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, les reculs des échanges, du tourisme et des envois de fonds ont quasiment gommé l’effet positif de la baisse des prix du pétrole, fait savoir l’institution basée à Washington.

Ces facteurs, poursuit-on, ainsi que les mesures de confinement, continuent de pénaliser la croissance: une contraction de 1,0 % est prévue en 2020, après une expansion de 2,8 % en 2019.

Dans ce groupe, tous les pays hormis l’Égypte devraient enregistrer une contraction en 2020, avant un rebond à 2,2 % en 2021.

“Des contractions considérables sont attendues au Maroc et en Jordanie (7,0 % et 5,0 % respectivement), du fait des graves répercussions sur le tourisme et le secteur manufacturier de ces deux pays, leurs partenaires commerciaux continuant d’afficher une croissance atone tandis que les déplacements internationaux restant perturbés”, explique le FMI dans son rapport.

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