Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a recommandé, dans son rapport sur l’état de la population mondiale 2020, de placer les droits des femmes au cœur de la législation.

Présenté, mercredi lors d’une rencontre virtuelle initiée par l’UNFPA, à l’occasion de la Journée internationale de la petite fille, célébrée le 11 octobre de chaque année, ce rapport publié cette année sous le thème “Contre ma volonté : Refuser les pratiques qui nuisent aux femmes et aux filles et qui font obstacle à l’égalité”, met en avant la nécessité de concevoir des plans publics créateurs des synergies, de faire évoluer les mentalités pour changer des vies, d’utiliser les technologies au service du développement et d’investir 3,4 milliards de dollars par an, en moyenne, entre 2020 et 2030, pour permettre de mettre fin à la souffrance de quelques 84 millions de filles à travers le monde.

Le rapport met, également, l’accent sur la nécessité de promouvoir le respect des femmes et des filles, en changeant les pratiques et comportements cruels de déshumanisation et de marchandisation profondément ancrés et de promulguer et faire appliquer des lois contre les pratiques néfastes, mais également changer les attitudes et les normes, ajoutant que les gouvernements doivent satisfaire à leurs obligations définies dans le cadre des conventions relatives aux droits fondamentaux, qui demandent que les mutilations génitales féminines et le mariage des enfants soient abolis.

Dans ce sens, le représentant résident de l’UNFPA au Maroc, Luis Mora a indiqué que ce rapport relate au moins 19 pratiques néfastes considérées comme des violations des droits fondamentaux, tout en se concentrant sur les trois pratiques les plus répandues, à savoir les mutilations génitales féminines, qui concernent 200 millions de femmes et filles, le mariage d’enfants, qui touche 650 millions et la préférence marquée pour les garçons au détriment des filles, qui est à l’origine du manque de plus de 140 millions de femmes, à travers le monde.

Il a relevé que les mutilations génitales féminines relèvent d’une violation des droits des femmes et des filles, notamment leur droit à la santé, à l’intégrité corporelle et de ne pas subir de discriminations ni de traitements cruels ou dégradants, notant que certaines en meurent.

Concernant le mariage d’enfants, M. Mora a fait remarquer que 33.000 mariages d’enfants sont encore célébrés chaque jour et 12 millions chaque année dans le monde. Néanmoins, près des deux tiers des pays ont enregistré une baisse.

S’agissant de la préférence pour les garçons, le représentant résident de l’UNFPA au Maroc a fait remarquer que cette pratique a comme résultat presque 1,2 millions des naissances féminines manquantes chaque année.

M. Mora a, par ailleurs, indiqué que si des progrès ont été réalisés pour ralentir le rythme de certaines pratiques néfastes, le nombre de filles qui en sont victimes augmente en raison de la croissance démographique, notant que la pandémie de la Covid-19 devrait donner lieu à des millions de mariages d’enfants supplémentaires au total.

De son côté, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach a indiqué qu’il est plus ce que jamais indispensable de renforcer les capacités des femmes, notamment en faisant entendre leur voix, en améliorant leur accès au lieu de représentation, à la santé et à l’éducation.

Le rapport de l’UNFPA 2020 identifie et met l’accent sur les pratiques qui persistent même si elles sont universellement condamnées, à savoir les mutilations génitales féminines, le mariage d’enfants et la préférence pour les garçon pour la reproduction, ajoutant que la lutte contre ces pratiques impose de de continuer de secouer “la trame des inégalités”. L’enjeu demeure largement lié à l’ancrage des valeurs d’égalité des droits et de la parité dans la société, tout en assurant la mobilisation de tous les acteurs et les forces vives.

Elle a estimé que le renforcement de l’accès des filles à l’éducation reste plus efficace pour réduire les violations, particulièrement le mariage des enfants, ajoutant que l’éducation s’avère être, sans aucun doute, le vecteur d’évolution positif et levier de développement durable et inclusif.

La coordonnatrice résidente de l’ONU au Maroc, Sylvia Lopez-Ekra a, quant à elle, indiqué que ces pratiques néfastes, telles que le mariage précoce des filles, les mutilations génitales féminines et la préférence pour les garçons constituent un obstacle aux droits des filles et femmes et porte atteinte à leur dignité et intégrité physique et psychologique.

Mme Lopez-Ekra a, dans ce même contexte, mis en avant la nécessité de transformer les mots en actions, de reconstruire une société plus égalitaire, inclusive et résiliente avec notamment les efforts des gouvernements, des organisations de femmes et de tout les acteurs concernés par cette question, faisant observer que la relance doit se faire avec le leadership des femmes.

Elle a, en outre, souligné que la pandémie de la Covid-19 a des effets dévastateurs sur l’économie, chose qui va sans doute impacter les situations économiques des familles et donc impacter les mariages précoces des filles mineurs et leur scolarisation.

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