Au terme des deux premiers rounds de la primaire du parti démocrate américain, deux candidats radicalement opposés ont su tirer leur épingle du jeu, alors que plusieurs ténors sont à la traîne, laissant présager bien des surprises dans une course plus incertaine que jamais.

Une semaine après la débâcle des caucus de l’Iowa, où il aura fallut attendre plus de trois jours pour afficher les résultats des votes, les choses étaient plus simples mardi soir à la fermeture des bureaux de votes.

Remonté après avoir remporté moins de délégués en Iowa que le surprenant Pete Buttigieg, Sanders avait promis de frapper fort au New Hampshire, un petit Etat du nord-est des Etats-Unis qui compte à peine 1,3 millions d’habitants.

En 2016, Sanders avait triomphé face à Hilary Clinton au New Hampshire avec une marge incroyable de 22%. Cette année, les supporters de Sanders, communément appelés “Bernie Bros”, ont eu des sueurs froides au fur et à mesure de l’avancée des dépouillements.

Buttigieg, a réussi, en effet, à terminer deuxième avec 24,5% des suffrages contre 25,8% pour le sénateur du Vermont, défiant une nouvelle fois les pronostics et affichant sa capacité à mobiliser les foules en sa faveur.

Ce résultat n’est pas forcément décevant pour Sanders, qui doit affronter cette fois pas moins de sept adversaires contre une seule en 2016. Pour l’infatigable sénateur du Vermont, le plus important est de rassurer sa base qui, galvanisée par cette victoire, continuera d’alimenter son impressionnante machine électorale.

Le candidat qui s’auto-définit comme social-démocrate, dispose ainsi d’un avantage de taille sur ses rivaux, à savoir sa capacité inégalée à collecter de plus en plus de fonds en recourant uniquement aux dons des petits donateurs, avec une contribution moyenne 18 dollars.

Cette méthode contraste totalement avec celle de son principal adversaire, Pete Buttigieg, qui n’hésite pas à courtiser les gros donateurs. Une stratégie qui s’est avérée payante, puisque, à 38 ans seulement, Buttigieg est sorti de l’anonymat il y a moins d’un an pour faire figure désormais de candidat sérieux à l’investiture du parti.

Son succès, l’ancien maire de la petite ville de South Bend le doit surtout au désenchantement des démocrates face aux candidats dits de l’establishment, notamment Joe Biden. Mais pour gagner, Buttigieg devra surmonter un obstacle de taille: son impopularité auprès des minorités, notamment des noirs américains où il ne jouit d’aucun soutien.

Pour Joe Biden, les deux premiers scrutins en Iowa et au New Hampshire ont été un fiasco total. Avant même la fermeture des bureaux de vote mardi, l’ancien vice-président de Barack Obama a plié bagage pour se rendre en Caroline du Sud.

Afin de se rattraper, Biden compte sur la Caroline du Sud où 60% de l’électorat est composé d’afro-américains, qui le soutiennent en force jusqu’à présent. Toutefois, cette donne pourrait changer rapidement. Dans une élection aussi ouverte, il est important aux yeux des électeurs de s’afficher comme un gagnant.

Cet élément est d’autant plus déterminant sachant que pour 80% des démocrates, le premier critère dans le choix d’un candidat est sa capacité de remporter l’élection générale face à Donald Trump.

Pour Biden, qui a basé pratiquement toute sa campagne sur l’idée qu’il était le seul à même de vaincre le Locataire de la Maison Blanche, difficile d’avancer cet argument lorsqu’il réussit au mieux une quatrième place dans les deux premiers scrutins.

La débandade est toute aussi générale du côte d’Elizabeth Warren. Il y a quatre mois encore, la sénatrice du Massachusetts faisait figure de favorite avec une progression constante dans les sondages. Mais mardi, elle a dû quitter le New Hampshire bredouille, ne comptabilisant que 9,2% des voix et zéro délégué.

La véritable surprise de cette soirée électorale est à attribuer à la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, qui a fini troisième avec 20% des voix grâce à une performance solide lors du débat de vendredi. Klobuchar peut désormais espérer un coup de pouce de la part des donateurs qui lui permettra de se maintenir dans la course jusqu’au Super Tuesday (03 mars).

Les deux premiers scrutins ont également fait des victimes. L’entrepreneur Andrew Yang a ainsi jeté l’éponge mardi soir, suivi peu après du sénateur Michael Bennett tout comme l’ancien gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick.

Les candidats restants se tournent désormais vers le Nevada pour un débat très attendu le 19 février à Las Vegas. Il s’agira, en effet, de la première apparition sur scène de Mike Bloomberg, ce qui n’a pas manqué de susciter l’ire de ses rivaux qui estiment que le Comité national démocrate a changé les règles de qualification aux débats uniquement pour accommoder le milliardaire.

Avec 98% des délégués toujours en jeu, et plusieurs questions liées à l’impact des 350 millions de dollars dépensés par Bloomberg en publicités, autant dire que le suspens demeure entier.

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