Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, s’est dit, lundi, préoccupé par l’ampleur des malaises sociaux qui déchirent l’Afrique du Sud en ce temps de pandémie, notamment la pauvreté, les disparités sociales et le chômage.

   Le confinement total, décrété dans le pays pour freiner la propagation de la pandémie du Coronavirus, « a dévoilé des failles très tristes dans notre société, des failles qui révèlent à quel point la pauvreté, les inégalités et le chômage déchirent le tissu de nos communautés », a dit Ramaphosa dans sa newsletter hebdomadaire « From the Desk of the President » (Du Bureau du Président).

   « Il ne peut y avoir d’injustice plus grande qu’une société où certains vivent dans le confort et l’abondance, tandis que d’autres luttent pour survivre avec peu ou rien du tout », a dit le président sud-africain.

   L’Afrique du Sud pâtissait, bien avant l’arrivée du Coronavirus d’une grave crise économique avec son lot d’aggravation du chômage, de la pauvreté et des inégalités sociales.

   Officiellement, le chômage se situait à environ 30 pc de la population active, au moment où la pauvreté affectait plus de la moitié de la population globale estimée à environ 58 millions d’âmes. Le pays souffre également des disparités sociales les plus élevées au monde.

   Il s’agit, selon Ramaphosa, d’effets d’un passé fracturé et inégalitaire et de symptômes d’un échec fondamental dans cette Afrique du Sud postapartheid.

   L’actuel confinement a sévèrement exacerbé des problèmes de longue date, a-t-il ajouté, se disant affligé par les images de personnes désespérées réclamant des aides alimentaires et de protestations communautaires contre les pénuries alimentaires.

   Et d’ajouter que l’Afrique du Sud est entrée dans un territoire inconnu depuis la mise en place du confinement national, soulignant que son pays n’a jamais eu à faire face à une situation sanitaire de cette ampleur.

   Le confinement décidé dès le 27 mars a permis de ralentir les taux d’infections et de se préparer pour une éventuelle hausse des infections dans les semaines et les mois qui viennent, a-t-il dit.

   Ramaphosa a, d’autre part, indiqué que son gouvernement examine l’impact de la pandémie sur l’économie en difficulté et sur la vie de millions de Sud-Africains.

   Le gouvernement devra finaliser une série de mesures pour mitiger l’impact du confinement en coordination avec les différents partenaires économiques et sociaux, a ajouté le chef d’Etat.

   Ces mesures portent essentiellement sur l’augmentation des aides sociales au profit des populations pauvres et vulnérables, a-t-il dit, soulignant que l’allègement de la famine n’est pas un acte de charité mais bel et bien un impératif.

   « Nous sommes dans une phase de la bataille contre la pandémie où toute complaisance risquerait d’être catastrophique », a conclu Ramaphosa.

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