Le ministre sud-africain des Finances, Tito Mbowenni a brossé, dimanche, un tableau sombre de la situation économique de l’Afrique du Sud, appelant à des réformes urgentes pour redynamiser la croissance.
Mboweni, qui intervenait devant le comité national exécutif du Congrès National Africain (ANC, au pouvoir), en conclave à Johannesburg, a souligné que la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) s’affaiblit sur fond de détérioration des revenus en dépit des augmentations récentes des taxes, dont la TVA.
Dans un environnement d’affaiblissement économique, les entreprises souffrent sous le fardeau des taxes et du manque de compétitivité de l’économie, a dit l’argentier sud-africain, soulignant que les perspectives de croissance ne cessent de s’affaiblir depuis février dernier, date de la présentation du budget d’Etat.
La croissance économique devra rester inférieure à 2 pc au moins durant les deux années qui viennent, a-t-il dit, soulignant que cette situation s’aggrave sous l’effet de la lenteur enregistrée au niveau de la mise en œuvre de réformes structurelles.
Dans ce climat, les entreprises publiques continuent de demander des plans de sauvetage du gouvernement, a déploré Mboweni, mettant en garde que ces entreprises posent «un risque énorme à la stabilité économique».
Il a cité, dans ce contexte, la compagnie nationale d’électricité (ESKOM), dont la dette représente presque 9 pc du PIB du pays.
Une dépendance des augmentations des taxes et des dépenses publiques devra continuer d’avoir un impact négatif sur la croissance, a-t-il dit. «L’échec d’apporter les corrections nécessaires dans un tel environnement d’affaiblissement de la croissance nous mettra face à des ajustements douloureux dans les trois ans qui viennent», a lancé le responsable.
Il a, dans ce contexte, appelé à cesser de subventionner les entreprises publiques inefficaces.
En vue de promouvoir une croissance inclusive, le responsable a décliné un plan en cinq points, prévoyant la mise en œuvre d’une stratégie industrielle innovante avec la mise en place de zones économiques spéciales.
Le plan prévoit aussi le renforcement du fonds pour le développement des infrastructures, où le gouvernement avait déjà injecté des fonds de l’ordre de 100 milliards de rands (1 dollar US = environ 15 rands).
L’amélioration de la facilité des affaires (Doing Business), le soutien au petites entreprises et le renforcement du cadre macro-économique du pays figurent aussi dans le plan de relance dévoilé par le ministre devant le comité national exécutif de l’ANC, plus haute instance décisionnelle de ce parti au pouvoir depuis 1994. (MAP)
AO

Bouton retour en haut de la page
Fermer