Le mariage des mineurs représente une forme de violence contraire aux droits de l’enfant puisqu’il porte souvent préjudice à leur intégrité, a affirmé lundi à Rabat l’ambassadeur de Belgique au Maroc, Marc Trenteseau.

Lors d’une table ronde consacrée au mariage des enfants initiée par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), l’Unicef et l’ONU-Femmes en collaboration avec l’ambassade de Belgique, M.Trenteseau a souligné que, comme chaque année, ce phénomène “concerne principalement des filles qui n’ont ni l’âge, ni la capacité de décider d’elles même ou de réagir face à la pression des adultes qui les entourent”.

Il a rappelé que cette rencontre, organisée dans le cadre de la campagne internationale “16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles”, appelle à une forte mobilisation pour mettre fin à toutes les formes de violences touchant les femmes et les filles.

La protection de l’enfance est un axe prioritaire dans le partenariat Maroc-Belgique, a-t-il dit, mettant en exergue le programme de coopération bilatérale 2016-2020 et le partenariat noué avec le ministère de la solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille pour la promotion et la protection des droits des femmes et des enfants.

Le représentant résident de l’UNFPA, Luis Mora, a de son côté indiqué que les droits des enfants en tant que composante fondamentale des droits humains font l’objet de plusieurs traités internationaux, y compris la Convention internationale des droits de l’enfant (CDE) qui énonce les principaux droits des enfants à la santé, à l’éducation, à la protection contre la violence, l’exploitation et les abus sexuels.

Tous ces droits se trouvent menacés par le phénomène du mariage des enfants, a relevé le responsable onusien, affirmant qu’il s’agit d'”une atteinte grave à leurs droits mettant en péril leur avenir”, sachant que cette problématique touche plus souvent les filles.

Dans ce contexte, il a révélé que près de 21% des jeunes femmes dans le monde ont été mariées avant l’âge de 18 ans et que, chaque année, plus de 12 millions de jeunes filles se marient avant d’atteindre l’âge adulte.

Évoquant le cas du Maroc, M. Mora a rappelé que le Royaume a ratifié la CDE ainsi que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), de même qu’il coparrainé les résolutions de 2013, 2014, 2016 et 2018 de l’Assemblée générale des Nations unies sur les enfants et les mariages précoces et forcés.

De son côté, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) Amina Bouayach a affirmé, dans une déclaration à la presse, que la législation ouvre encore la voie à des dérogations permettant le mariage des mineurs, citant notamment les articles 16, 20, 21 et 22 du code de la famille, ce qui pourrait constituer une “violation” des droits des jeunes filles.

Mme Bouayach a également souligné que le CNDH dispose aujourd’hui d’un mécanisme de traitement de plainte en cas de violation des droits des enfants et des dispositions de la convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par le Royaume.

Cette campagne internationale de “16 jours d’activisme” destinée à sensibiliser et mettre fin aux violences faites aux femmes s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 30ème anniversaire de la CDE. Elle illustre l’engagement renouvelé de la communauté internationale en faveur des droits des enfants et leur protection contre les pratiques préjudiciables, notamment le mariage précoce.

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