Un système d’orientation précoce et active, appuyant les étudiants dans le choix des filières de formation en adéquation avec leurs projets personnels et professionnels, est en mesure de promouvoir l’employabilité des lauréats de l’enseignement supérieur, a souligné, mardi 24 septembre, à Casablanca, le directeur de l’enseignement supérieur et du développement pédagogique au ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Tahiri.

Ce système, figurant parmi les axes stratégiques du secteur, se traduit par un accompagnement des étudiants dans la maturation de leurs choix au début de leur cursus universitaire tout en assurant une deuxième chance d’orientation et de réorientation en fin de la première année post-bac afin d’éviter les échecs qui résultent d’un mauvais choix d’orientation, a-t-il expliqué lors d’une conférence initiée par la Chambre de Commerce Britannique pour le Maroc (BritCham) sous le thème “Capital humain: quels rôles de l’éducation et de la formation professionnelle?”.

Et d’appeler à la multiplication de passerelles entre les établissements d’enseignement supérieur,les université et les autres composantes du secteur de l’éducation et de formation, rappelant qu’entre 2012 et 2019 le nombre d’étudiants a augmenté de 96%.

Le responsable a, en outre, insisté sur l’accompagnement des étudiants pour une meilleure transition éducation-emploi à travers la généralisation du modèle du career centers dans les universités, qui offrent des outils d’auto-diagnostic et d’orientation, des cours de préparation à l’emploi et de formation aux soft skills (compétences non-techniques).

Et de mettre l’accent sur la promotion de l’entrepreneuriat étudiant, mettant en avant le rôle du statut national d’étudiant entrepreneur en tant qu’outil permettant de tisser des relations avec les différents acteurs dans le monde d’entreprise tout en intégrant le projet entrepreneurial dans le parcours de formation académique.

Quant au renouveau pédagogique, M. Tahiri a mis en avant la révision des cahiers de normes pédagogiques nationales en y introduisant des dispositions tels que le système de crédit et l’approche compétence, le développement des modes d’enseignement non traditionnels et l’implication davantage des acteurs socio-économiques et des professionnels dans l’ingénierie de formation.

Pour sa part, le président directeur général du DEO Conseil International, Jamal Belahrach, a évoqué une crise de leadership et de gouvernance qui empêche la progression dans plusieurs domaines dont les politiques relatives à l’emploi, rappelant les défis de l’employabilité en Afrique où 1 million de demandeurs d’emploi s’ajoutent tous les mois face à une croissance économique incapable de les absorber.

Au Maroc, ce sont 140.000 lauréats chaque année, a-t-il rappelé, s’interrogeant sur leur issue sans réinvention du modèle actuel où la chaîne éducative manque d’approche systémique pour résoudre le problème de chômage. Et d’ajouter que cette chaîne commence dés le préscolaire qui n’est pas généralisé, notamment, pour les enfants du monde rural, notant que “plutôt on s’occupe de nos enfants, plutôt on développe leur mode de fonctionnement et de pensée et les soft skills attendus”.

M. Belahrach a, dans ce sens, relevé que le produit des universités n’est que le reflet du parcours traversé entre le préscolaire et le cycle d’enseignement secondaire, appelant à une approche globale où tous les acteurs travaillent en permanence avec une prise de conscience des vrais facteurs derrière le déficit de compétences au niveau du marché de travail.

S’inscrivant dans la lignée des grandes conférences-débats de la BritCham, cette rencontre est destinée aux entreprises adhérentes à la Chambre et aux opérateurs économiques avec finalité d’analyser le rôle de l’éducation et de la formation professionnelle dans le développement du capital humain et d’étudier les mécanismes d’amélioration de l’employabilité.

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