Le négociateur en chef de l’Union européenne (UE) pour le Brexit, Michel Barnier, a déploré mercredi le “ton” employé par son homologue britannique David Frost en demandant par écrit à Bruxelles de revoir ses propositions concernant les relations post-Brexit.

En réponse à cette missive de trois pages, M. Barnier a souligné qu’il ne pensait pas qu'”un échange de lettres concernant la substance des négociations soit nécessairement le meilleur moyen de discuter des points essentiels”, affirmant craindre que “le ton” de M. Frost “ait un impact sur la confiance mutuelle et l’attitude constructive qui sont essentielles entre nous”.

Mardi, le négociateur britannique avait adressé à son homologue européen une lettre dans laquelle il appelle fermement l’UE à réviser sa position si elle veut parvenir d’ici à la fin de l’année à un accord sur la future relation, alors qu’un troisième round de négociations sur les relations futures venait de s’achever sans réels progrès entre Bruxelles et Londres.

“J’espère que dans les semaines à venir, l’UE réfléchira de nouveau à ses propositions d’une façon qui nous permette de trouver une issue rapide et constructive”, avait mis en garde M. Frost qui rejette le projet d’accord de l’UE qualifié, dans la lettre, de “relativement faible qualité”.

A cela, M. Barnier répond qu’indépendamment à ce que cette lettre suggère, “il n’y a pas de droit automatique aux avantages que l’UE a pu offrir ou accorder dans d’autres contextes et circonstances à d’autres partenaires”, assurant que “chaque accord que l’UE a conclu est unique, avec son propre équilibre de droits et d’obligations, adapté au partenaire et à l’époque où il est conclu”.

Revenant sur les conditions de concurrence que l’UE réclame à Londres en matière fiscale, sociale ou environnementale, de crainte de voir émerger une économie dérégulée à sa porte, le négociateur européen a réaffirmé que le Royaume-Uni “ne peut pas espérer un accès de qualité au marché unique européen s’il n’est pas prêt à accepter des garanties pour que la concurrence reste ouverte et équitable”.

M. Barnier qui table sur le prochain cycle de discussions, prévu à partir du 1er juin en visioconférence, pour apporter un “nouveau dynamisme afin d’éviter une impasse”, s’est dit, néanmoins, convaincu qu’”avec le respect mutuel et l’engagement constructif du Royaume-Uni sur tous les points de la table de négociation”, les deux parties peuvent “aller de l’avant dans le temps limité dont nous disposons”.

Le Royaume-Uni a formellement quitté l’UE le 31 janvier, pour entrer dans une période de transition durant laquelle le pays continue d’appliquer, jusqu’à la fin de l’année, les normes de l’UE.

Au vu des reproches échangés par les deux parties, il semble très difficile, même si Londres le juge encore possible, de parvenir à un accord commercial avec ce calendrier très serré.

Les pourparlers doivent reprendre le 1er juin et toute prolongation de la période prévue pour s’accorder sur la nouvelle relation doit être demandée avant le 1er juillet.

Faute d’accord et de prolongation, les échanges entre Londres et Bruxelles seraient régis par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), érigeant brutalement de nouvelles barrières commerciales et causant d’importants coûts pour les entreprises importatrices des deux côtés et des retards aux frontières.

 

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