De nombreux dirigeants de pays du sud mis à rude épreuve par la pandémie ont saisi la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU pour plaider en faveur d’un accès équitable aux vaccins et au développement durable.

La crise sanitaire a en effet réduit à néant dans certains pays, notamment du continent africain, des années de progrès en matière de développement et creuse les inégalités préexistantes. La réalisation des objectifs de développement durable (ODD) est aujourd’hui plus essentielle que jamais, se sont accordés à dire une majorité d’intervenants.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Afrique n’a reçu que 2% des doses mondiales de vaccin.

La pandémie de COVID-19 a changé pour toujours la nature de notre engagement multilatéral, a ainsi indiqué le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, dans son intervention au débat annuel de l’Assemblée générale.

D’autres dirigeants d’Afrique australe ont dénoncé, pour leur part, un «apartheid vaccinal » et de là « iniquité vaccinale », plaidant pour un accès universel aux vaccins anti-COVID-19, tandis que leur homologue de l’Ouganda, Emmerson Yoweri Museveni, appelait à la fin du « nationalisme vaccinal ».

« La pandémie a révélé les faiblesses et vulnérabilités de nos économies ainsi que de nos systèmes de santé, nous contraignant aujourd’hui à penser autrement nos modèles de développement afin de les rendre plus résilients », a reconnu le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba.

Afin de renforcer la résilience par l’espoir, a plaidé son homologue du Libéria, George Weah, il faut continuer à appuyer les sociétés vulnérables et les pays en développement, en particulier les moins avancés.

Et dans les zones de conflit, la pandémie n’a pas affecté la dynamique sous-jacente des tensions armées, mais elle a pu créer de nouvelles zones de tension.

Pour le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le continent africain a mis en place une stratégie commune contre la Covid-19 mais les économies du continent ont besoin de financement pour se redresser.

« La victoire contre la Covid-19 n’est possible et durable que si le combat demeure une affaire de tous et si nous atteignons un taux d’immunité collective suffisant pour l’ensemble de l’humanité », a prévenu M. Tshisekedi, dont le pays préside l’Union africaine depuis le début de l’année.

Dès son discours d’ouverture de cette 76ème session de haut niveau, le Secrétaire général, Antonio Guterres, a alerté sur le fossé entre riches et pauvres et appelé à une véritable solidarité internationale sous forme de “plan de vaccination mondial”.

« Cela commence par mettre fin à la pandémie, partout et pour tout le monde. Nous avons besoin de toute urgence d’un plan de vaccination mondial permettant de faire au moins doubler la production et d’acheminer des vaccins à 70% de la population au premier semestre 2022 », a expliqué le Secrétaire général.

Selon lui, ce plan pourrait être exécuté par une équipe spéciale d’urgence composée de producteurs actuels et potentiels de vaccins, de l’Organisation mondiale de la Santé, de partenaires du dispositif Accélérateur ACT et des institutions financières internationales, en collaboration avec les sociétés pharmaceutiques.

António Guterres a également plaidé pour une véritable solidarité internationale qui « permettrait d’établir à l’échelle nationale un nouveau contrat social prévoyant une couverture sanitaire universelle et la protection du revenu”.

Le président de la 76ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Abdulla Shahid, a souligné, de son côté, l’impératif de parvenir à l’égalité en matière de vaccination pour vaincre la pandémie de Covid-19.

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