La pandémie de Covid-19 est à l’origine “d’une nouvelle vague de déplacement interne et de misère pour des milliers de Yéménites” dévastés par près de six ans de guerre civile, a fait observer, mardi, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Entre le 30 mars et le 18 juillet dernier, cette agence onusienne basée à Genève a ainsi enregistré le déplacement de plus de 10.000 personnes. Ces civils ont “fui par crainte de contracter le virus et en raison de l’impact de l’épidémie sur les services et l’économie”, a déclaré Paul Dillon, porte-parole de l’OIM, cité dans un communiqué.

Au total, la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’Agence internationale de l’ONU pour les migrations (OIM) indique que plus de 100.000 personnes ont été contraintes de fuir en raison des combats et de l’insécurité depuis janvier.

“En raison des contraintes d’accès, les données ne sont collectées que dans 12 des 22 gouvernorats, de sorte que le nombre total de déplacements de cette année sera probablement beaucoup plus élevé que ce qui a été enregistré “,  a toutefois précisé M. Dillon.

Outre l’impact de plus de cinq ans de conflit civil, ces déplacés internes quittent désormais “les points chauds du virus”. Certains quittent ainsi Aden et Lahj pour se rendre dans des régions des mêmes gouvernorats moins touchées par l’épidémie, tandis que d’autres se rendent dans des districts d’Abyan, malgré les combats actifs dans d’autres parties de ce gouvernorat, indique la même source.

« Les femmes déplacées qui travaillaient comme domestiques sont obligées de mendier dans les rues parce que les employeurs potentiels ont peur qu’elles soient porteuses du virus », a détaillé le porte-parole de l’OIM.

Au Yémen, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense 1.610 cas confirmés de Covid-19 dont 445 décès.

La situation est particulièrement grave dans des endroits comme Aden, où les hôpitaux refusent les cas suspects, selon Paul Dillon, porte-parole de l’OIM

Si le nombre officiel de cas reste faible dans le pays, les organismes humanitaires travaillent en partant “de l’hypothèse que les chiffres réels sont beaucoup plus élevés”, en raison notamment des capacités de dépistage limitées et des inquiétudes de la population locale quant à la recherche d’un traitement.

“Les rapports faisant état d’une augmentation des déplacements, des maladies et des décès dans tout le pays confirment cette hypothèse”, a fait valoir le porte-parole de l’OIM.

 

Bouton retour en haut de la page
Fermer