L’envoyé de l’ONU au Proche-Orient, Nikolay Mladenov, a estimé, mercredi devant le Conseil de sécurité, que l’objectif de parvenir à un accord sur le statut final d’une paix juste pour le conflit israélo-palestinien est plus que jamais lointain, alors que le gouvernement israélien s’apprête à annexer des pans de la Cisjordanie occupée.

“Il y a 27 ans, les dirigeants israéliens et palestiniens ont accepté de s’engager sur une voie noble mais difficile pour résoudre le conflit par des négociations, sans prendre d’action unilatérale, afin de parvenir à un accord sur le statut final d’une paix juste”, a rappelé M. Mladenov. “Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais loin de cet objectif”, a-t-il déploré lors d’une réunion virtuelle du Conseil consacrée à la situation au Moyen-Orient et à la question palestinienne.

“Alors que la perspective d’une solution négociée à deux Etats est compromise, le spectre de la colère, de la radicalisation et de la violence émerge. Au-delà des implications juridiques, sécuritaires et économiques, la menace d’annexion unilatérale de parties de la Cisjordanie enverra un seul et unique message : les négociations bilatérales ne peuvent pas aboutir à une paix juste”, a regretté le Coordonnateur spécial des Nations-Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient.

“Nous ne pouvons pas permettre que cela se produise”, a-t-il insisté, estimant que rien ne peut sortir de la rupture du dialogue et de la communication et que “la diplomatie doit bénéficier d’une autre chance”. “C’est pourquoi je vous demande tous aujourd’hui de vous joindre au Secrétaire général de l’ONU dans son appel à un réengagement immédiat, sans conditions préalables, entre le Quartet pour le Moyen-Orient et les dirigeants palestiniens, Israël et les pays de la région afin de trouver un moyen de sortir de la crise actuelle”, a-t-il plaidé.

De son côté, le Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a appelé Israël à abandonner ses plans d’annexion en Cisjordanie, estimant qu’un telle entreprise constituerait “une violation des plus graves” du droit international qui saperait les possibilités de reprise des négociations.

“Je m’adresse à vous aujourd’hui avec un profond sentiment de préoccupation face à l’évolution de la situation en Israël et en Palestine”, a dit M. Guterres devant les membres du Conseil de sécurité.

“Nous sommes à un moment décisif. La menace d’Israël d’annexer des parties de la Cisjordanie occupée a alarmé les Palestiniens, de nombreux Israéliens et la communauté internationale dans son ensemble”, a déclaré le chef de l’ONU.

Si cette menace est mise en œuvre, l’annexion constituerait “une violation des plus graves du droit international, nuirait gravement à la perspective d’une solution à deux Etats et saperait les possibilités de reprise des négociations”, a-t-il mis en garde.

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