Le choix de délocaliser la tenue de l’Assemblée Parlementaire de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (AP-OSCE) dans un pays partenaire comme le Maroc est “bien réfléchi” et “judicieux”, a indiqué, vendredi à Marrakech, la présidente du conseil de la région de Guelmim-Oued Noun, Mbarka Bouaida.

“Ce choix de délocaliser cette réunion dans un pays partenaire comme le Maroc est bien réfléchi, certes, mais aussi judicieux car nous partageons tous les mêmes soucis, les mêmes défis et les mêmes challenges”, a-t-elle dit lors de la première session axée sur “L’OSCE et la coopération régionale africaine pour l’innovation et l’échange de bonnes pratiques”, organisée dans le cadre des travaux de la session d’automne de la 18ème AP-OSCE.

La tenue de cette Assemblée au Maroc et pour la première fois en dehors de l’espace géographique de l’organisation “est, certes, une première mais qui doit être aussi le début d’une tradition à consacrer”, a-t-elle ajouté.

Mme Bouaida a, d’autre part, souligné que “la distinction qu’on faisait entre les pays du Sud et ceux du Nord a de moins en moins de sens car nos soucis sont les mêmes et nos populations vivent les mêmes problèmes et nous partageons des sujets importants comme la sécurité et la migration”.

Et de poursuivre qu’il s’agit de sujets “transnationaux qui dépassent cette approche classique de pays du nord et du sud ou de pays du pourtour méditerranéen”. Ce sont des enjeux communs qui “rendent le monde beaucoup plus petit”, a-t-elle poursuivi.

Elle a, dans la foulée, insisté sur la nécessité de consolider l’échange et le dialogue entre Etats, Organisations et aussi entre personnes et régions car, a-t-elle expliqué, “tout se passe dans la proximité”.

Pour Mme Bouaida, “ce que nous vivons aujourd’hui est la conséquence de la mondialisation, certes, mais pas uniquement. C’est la conséquence aussi d’un ensemble de mutations”.

Elle a, dans ce sillage, noté que le Maroc est passé d’un pays de transit et exportateur de migrants à une “terre d’accueil”, notant que c’est dans ce sens que SM le Roi Mohammed VI avait annoncé la politique nationale pour la migration qui a donné lieu à la régularisation à des dizaines de milliers de migrants dans le Royaume.

Mme Bouaida a, en outre, fait observer que ces sujets et phénomènes qui préoccupent le monde sont des sujets qui nécessitent d’être traités dans la proximité au niveau local.

“Et c’est là l’intérêt et l’importance d’une décentralisation, à la fois des décisions étatiques mais aussi des échanges avec les populations, les acteurs et les décideurs”, a-t-elle précisé.

Rappelant que le Maroc a entamé cette expérience de régionalisation avancée en 2015, Mme Bouaida a indiqué que l’idée est de développer des régions capables d’avoir une autonomie financière, d’intégrer ses populations, de créer de l’emploi et de réduire les disparités régionales, mettant l’accent sur l’importance de la déconcentration et de la bonne gouvernance.

C’est là le défi de tous les politiciens, a-t-elle fait observer, plaidant en faveur d’une meilleure coopération et d’un meilleur échange des pratiques pour réussir ce pari.

Pour leur part, des parlementaires et participants à cette session ont insisté sur l’impératif du renforcement de la coopération et des échanges dans les domaines d’intérêt commun (migration, sécurité, cyber-sécurité, Droits de l’Homme,…), tout en passant en revue les efforts de leurs pays respectifs en faveur de la coopération Nord-Sud.

Ils ont également mis l’accent sur la nécessité d’accorder davantage d’intérêt aux femmes afin de leur assurer une meilleure contribution au développement de leurs pays et favoriser leur autonomisation en tant que “force vitale” pour faire face à ces défis et réaliser le développement escompté.

La Chambre des Conseillers accueille, du 4 au 6 octobre à Marrakech, la session d’automne de la 18ème AP-OSCE, sous le thème “la promotion de la sécurité en Méditerranée: rôle de l’OSCE et de ses partenaires”.

La tenue de cette Assemblée pour la première fois en dehors de l’espace géographique de l’organisation vient couronner les relations solides de coopération tissées entre le Parlement marocain et l’AP-OSCE.

Cet événement représente aussi une étape nouvelle dans la consolidation du statut de “partenaire pour la coopération” dont jouit l’institution législative marocaine auprès de l’Assemblée où siègent 57 parlements membres.

L’organisation de cette session d’automne dans la cité ocre est une reconnaissance de la place de choix qu’occupe le Maroc dans l’espace méditerranéen, ainsi qu’en termes de dialogue stratégique Nord-Sud et Sud-Sud.

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