L’Union européenne va “redoubler d’efforts” pour préserver l’accord nucléaire conclu avec Téhéran en 2015, compromis par la décision “regrettable” des autorités iraniennes de lancer le processus de production d’uranium enrichi à 20%, a déclaré mardi le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

“Nous notons avec une vive inquiétude les mesures prises par l’Iran en vue de commencer l’enrichissement de l’uranium au niveau de 20%. Cette action constituera un écart important par rapport aux engagements nucléaires de l’Iran (…) et nous allons redoubler d’efforts pour préserver l’accord”, a déclaré le porte-parole Peter Stano.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé lundi que l’Iran avait commencé à alimenter en uranium déjà enrichi à 4,1% six cascades de centrifugeuses (…) dans le but de monter à 20%”.

L’UE a insisté mardi sur “l’importance d’éviter toute mesure qui pourrait compromettre la préservation de cet accord”.

“En dépit de cette mesure regrettable prise par l’Iran des éléments importants du JCPOA (l’accord sur le nucléaire,) en particulier les mesures strictes de vérification et de transparence restent en place”, a souligné Peter Stano.

Téhéran a pris la décision de lancer son programme d’enrichissement deux semaines après une réunion ministérielle entre le groupe des pays signataires du JCPOA (Allemagne, Chine, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni) et la République islamique d’Iran, présidée par Josep Borrell au cours de laquelle les participants ont réaffirmé leur engagement à “préserver l’accord et leurs efforts respectifs à cet égard”.

“Sur la base de la déclaration ministérielle des participants au JCPOA le 21 décembre, nous redoublerons d’efforts pour préserver l’accord et revenir à sa pleine mise en oeuvre par toutes les parties”, a affirmé le porte-parole de Josep Borrell.

Le gouvernement du président Hassan Rohani, qui fait figure de modéré, s’était opposé à la loi récente votée par le Parlement enjoignant au gouvernement de reprendre immédiatement la production d’uranium enrichi à hauteur de 20% de façon à en produire 120 kg par an, estimant qu’elle allait à l’encontre des efforts diplomatiques destinés à obtenir la levée des sanctions américaines contre l’Iran.

Le gouvernement avait cependant averti qu’il n’aurait d’autre choix que de l’appliquer si elle devait entrer en vigueur.

Le nouveau président américain Joe Biden a exprimé son intention de revenir sur la politique de “pression maximale” contre l’Iran menée par le président sortant Donald Trump, qui a retiré son pays de l’accord de Vienne en mai 2018.

“Nos mesures restent réversibles si toutes les parties à l’accord s’y conforment” à nouveau, a fait valoir lundi Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne.

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