L’opposition au gouvernement du président nicaraguayen Daniel Ortega a salué jeudi une résolution du Parlement européen dénonçant des projets de loi “restreignant les libertés fondamentales du peuple nicaraguayen”.

Leur adoption “pourrait affecter directement la coopération de l’Union européenne” avec le Nicaragua, ainsi que les relations commerciales, ont averti les eurodéputés.

Le président nicaraguayen, confronté à une crise politique et à une économie en chute libre, est accusé de vouloir se doter d’un arsenal juridique visant à juguler l’opposition, un an avant le scrutin au cours duquel il devrait briguer un troisième mandat.

Ses partisans au Parlement, qui y détiennent la majorité gouvernementale, ont présenté deux projets de loi qui ont soulevé l’indignation dans la communauté internationale et chez les défenseurs des droits de l’Homme et de la liberté de la presse.

Le premier prévoit d’enregistrer en tant qu'”agent étranger” toute personne ou entité recevant des fonds de l’étranger, notamment les journalistes et les ONG.

Le deuxième projet de loi propose de punir de peines de deux à quatre ans de prison la “publication ou la diffusion (sur les réseaux sociaux) d’informations fausses (ou) déformées, susceptibles de répandre l’inquiétude, l’angoisse ou la peur parmi la population”. La peine maximale est portée à cinq années de privation de liberté pour ceux qui “inciteraient à la haine et à la violence”.

La plateforme d’organisations de l’opposition Alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD) a salué dans un communiqué l’appel des eurodéputés au gouvernement de M. Ortega à “cesser de criminaliser les opposants, journalistes et défenseurs des droits de l’homme”.

L’ACJD s’est en outre félicitée que le Parlement européen demande les réformes électorales “nécessaires pour des élections crédibles, inclusives et transparentes” aux élections présidentielle et parlementaires prévues pour novembre 2021.

Pour Félix Maradiaga, le directeur de la Coalicion nationale, qui regroupe des organisations citoyennes et des partis d’opposition, la résolution “ferme” du Parlement européen “montre que le gouvernement (de M. Ortega) est isolé”.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) s’est également félicitée sur Twitter de la résolution des eurodéputés, demandant au président Ortega de “cesser la répression et de rétablir l’observation internationale” du respect des droits de l’homme au Nicaragua.

Le gouvernement nicaraguayen n’avait pas réagi pour l’heure au texte européen.

En mai, l’UE a pris des sanctions contre six hauts responsables du régime pour violations des droits humains au cours de la répression des manifestations antigouvernementales. Au moins 328 personnes ont été tuées pendant ces troubles, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

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