L’ONU a dénoncé l'”impunité” face aux violations des droits humains au Nicaragua, où la police et des éléments pro-gouvernementaux continuent de commettre de “graves violations” dans un contexte de crise politique.

Dans son dernier rapport, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme indique avoir documenté de “graves violations des droits humains commises depuis mi-avril 2018 dans le cadre des manifestations”.

“Les arrestations et détentions arbitraires continuent d’être un moyen de répression de l’expression de la dissidence et les cas de torture et de mauvais traitements infligés à des personnes privées de liberté dans le cadre des manifestations persistent”, détaille le rapport, qui met en cause la police et des éléments pro-gouvernementaux.

De même, l’ONU observe que “le système judiciaire a été utilisé pour criminaliser la dissidence et garantir l’impunité des responsables de violations des droits humains, démontrant ainsi le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif”.

En juillet 2018, le Haut-Commissariat, qui avait alors encore accès au Nicaragua, avait déjà signalé qu’un large éventail de violations des droits humains y étaient commises, y compris des exécutions extrajudiciaires, des cas de torture et des détentions arbitraires.

Le pays, dirigé depuis 2006 par l’ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega, traverse une grave crise politique depuis le 18 avril 2018. Une première contestation contre une réforme de la sécurité sociale a évolué vers des manifestations réclamant le départ du président, accusé d’avoir instauré une dictature népotiste et corrompue, et des élections anticipées.

Les violences politiques ont fait plus de 325 morts et 2.000 blessés, essentiellement dans les rangs des opposants, selon les organisations de défense des droits humains.

Plus d’un demi-millier d’opposants ont été jetés en prison et des dizaines de milliers de Nicaraguayens se sont exilés.

Selon l’ONU, “la phase la plus récente de la répression contre les secteurs critiques à l’égard du gouvernement a été caractérisée par la violation des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique”.

“La répression des manifestations par la police et les attaques d’éléments armés pro-gouvernementaux ont eu un effet dissuasif qui a conduit à l’annulation de nombreuses manifestations ou à la décision des manifestants de les diviser en petites concentrations”, pointe également le Haut-Commissariat.

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