Pour les néophytes, il en relèverait presque de l’utopie. Phénomène à la fois fascinant et complexe, les NFT, de l’acronyme “Non Fongible Tokens” ou “Jetons Non-Fongibles”, transportent le monde dans une nouvelle dimension de l’ère numérique, celle du web 3.0. Mais de quoi s’agit-il concrètement ?

Les titres de propriété sont bien connus des investisseurs, mais lorsqu’il s’agit d’acheter des objets virtuels, cela paraît plus comme une supercherie. Pourtant, les NFT, certificats de propriété numérique, ont le vent en poupe dans les milieux financiers internationaux, notamment auprès des plus riches dont le nouveau caprice serait d’acheter des biens digitaux, non seulement fictifs mais surtout uniques.

En effet, la principale caractéristique des NFT réside dans l’unicité. Car, comme son nom l’indique, un élément “non fongible” ne peut pas être échangé contre quelque chose de valeur équivalente, et n’a donc d’égal que lui-même. Ces jetons, assimilables à des certificats numériques infalsifiables, attestent ainsi l’authenticité et l’exclusivité d’un actif virtuel.

Néanmoins, ces objets numériques ne disparaissent pas de la toile et restent à la portée de tous les usagers du net. Acheter un NFT revient basiquement à acquérir un bien unique dédicacé au nom de son propriétaire sur la Blockchain, une technologie décentralisée de stockage et de transmission d’informations sécurisées.

D’où la complexité de ce nouveau procédé numérique qui implique une multitude de nouvelles technologies. Métavers, Crypto-monnaie et Blockchain sont autant de termes indissociables des NFT qui constituent le jargon de ce nouvel écosystème émergent en quête d’un monde parallèle.

Du premier sms envoyé au monde, évalué à près de 200.000 dollars en NFT, au premier tweet envoyé par le fondateur de Twitter adjugé à 2,9 millions de dollars, tout est monnayable dans l’univers des “tokens”. Il suffira de ces exemples pour témoigner de l’ampleur de ce phénomène qui bouscule les codes de la finance.

Même si tout ce qui existe sur internet est sujet à devenir NFT, ce sont pour l’heure les marchés de l’art et du gaming (jeux vidéos) qui profitent de cette manne financière dont le principal marché (OpenSea) a été valorisé à plus de 13 milliards de dollars. Cette nouvelle cryptographie aura ainsi permis aux artistes de se promouvoir eux-mêmes sans une quelconque intermédiation.

Décidément, l’engouement qu’affichent les crypto-geeks aux NFT revient principalement à son seul pouvoir de créer de la rareté ex-nihilo et à donner de la valeur à un objet qui, jadis, n’en avait pas. Cette propriété de non-fongibilité des NFT ouvre donc la voie à la fluctuation et donc à la spéculation. Alors que le marché des NFT admet un certain potentiel, certains aléas doivent être pris en compte.

Apparue timidement en 2014, cette technologie qui fait désormais fureur chez les collectionneurs, investisseurs, spéculateurs ou simples débutants n’est vraisemblablement pas sans danger. Bien que le caractère fictif de la chose représente en soi un risque, les NFT restent à la merci d’internet dont une panne pourrait potentiellement provoquer la perte des actifs.

Se pose également la menace des cyberattaques et de fraudes en ligne. La recrudescence des intervenants dans le marché de la financiarisation des objets numériques et la congestion du réseau sont susceptibles d’endommager les actifs, ou encore d’engager des failles exploitables par des hackers.

Un autre défi, celui de la détermination du prix du NFT. Comme il n’existe pour le moment aucune norme de régulation, la valeur des NFT est soumise au marché, ce qui favorise une spéculation exacerbée par l’attribut de la rareté. Les seuls déterminants subjectifs régissant le marché aujourd’hui sont la créativité et l’unicité que revêt l’actif.

Par contrecoup, l’écologique n’est pas à l’abri des nuisances des NFT. Très énergivores, les cryptomonnaies sont, à ce jour, les principaux moyens de paiement par le biais desquels s’achètent et se vendent les NFT. Une alternative à ce moyen de transaction serait d’autant plus nécessaire pour promouvoir la technologie sans porter préjudice à l’environnement.

C’est dire que ces crypto-actifs ont bouleversé les marchés de l’art et du luxe au grand bonheur des créateurs. En permettant la redynamisation de ces cercles restreints, les NFT y ont résolument démocratisé l’accès. De surcroît, ils constituent un véritable moyen de lutte contre la contrefaçon.

Bien qu’ils s’opposent à priori au principe de rationalité auquel sont tenus les investisseurs, les NFT apportent tout de même leur lot d’avantages. Destinés à se substituer aux marchés traditionnels des biens et des services, les NFT peuvent contribuer à l’émergence d’une économie plus transparente créant de nouveaux revenus pour ceux qui n’en avaient pas.

Comme toute démarche capitaliste, la plongée dans l’univers des NFT suppose à la fois des risques pour certains et des bénéfices pour d’autres. Quoi qu’il en soit, la nouvelle ère de la finance décentralisée est d’ores et déjà en marche.

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