Paris, 23/07/2019 (MAP)- Les participants à une réunion informelle sur les migrations en Méditerranée, organisée lundi à Paris, ont appelé l’Union Européenne (UE), à poursuivre son appui à la coopération avec les pays d’origine, de transit et d’asile.

Organisée à l’initiative des ministres français de l’Intérieur, Christophe Castaner, et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, cette réunion a rassemblé des ministres d’une quinzaine de pays européens, le commissaire européen à l’asile et à la migration, Dimitri Avramopoulos, l’Agence européenne des garde frontières et des garde-côtes Frontex, le Bureau d’appui en matière d’asile, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grand, le nouveau Directeur général de l’Organisation internationale pour la Migration (OIM), António Vitorino, ainsi que l’Union africaine (UA).

«Les participants à cette réunion ont appelé l’UE à poursuivre son appui à la coopération avec les pays d’origine, de transit et d’asile, en particulier dans les domaines de la prévention des départs, du renforcement des capacités de gestion des frontières maritimes et terrestres, de l’asile, de la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains, ainsi que pour traiter les causes profondes des migrations irrégulières, notamment en améliorant les conditions sociales et économiques et en créant des emplois durables et dignes », indique un communiqué conjoint des ministères français des AE et de l’Intérieur.

Après avoir reconnu que la migration, qui demeure une question urgente et préoccupante, devrait rester une priorité à l’agenda européen, « les participants sont convenus que les opérations maritimes et de débarquement devraient être organisées conformément au droit international et aux règles nationales et européennes ». Ils ont souligné, dans ce contexte, que « tous les navires opérant en Méditerranée doivent respecter les lois applicables et se conformer aux instructions des autorités compétentes concernées ».

Concernant l’épineuse question de la répartition des migrants, des participants ont reconnu que le programme de répartition mis en place depuis l’été 2018, coordonné par la Commission européenne et soutenu notamment par Frontex, n’a pas été pleinement satisfaisant, notamment du fait que seuls quelques États membres y ont pris part. Ils sont convenus, dans ce contexte, qu’ « un mécanisme temporaire plus prévisible, plus efficace et plus large est nécessaire pour permettre le débarquement sûr, digne et rapide des demandeurs d’asile sauvés ».

Certains participants sont convenus qu’en cas de pression disproportionnée sur un État membre de l’UE, des arrangements reposant sur la solidarité peuvent être conclus entre les États membres volontaires pour le débarquement.

Les participants ont également exprimé leur détermination à lutter contre les réseaux de trafic de migrants, les activités criminelles afférentes ainsi que toutes les pratiques qui portent atteinte à la sécurité et aux droits fondamentaux des personnes.

Ils ont, dans ce contexte, exprimé le besoin et le souhait de poursuivre les efforts conjoints pour briser le modèle économique des trafiquants d’êtres humains et de viser simultanément à réduire les tentatives de passage dangereux de la Méditerranée.

Concernant la Libye et la coopération avec les pays d’origine, de transit et de premier asile, les participants ont souligné la nécessité d’une coopération entre tous les acteurs compétents impliqués dans les opérations de sauvetage en mer pour prévenir les tragédies.

Ils ont aussi réaffirmé « leur soutien sans réserve » à la task force UE-UA-ONU, appelant les autorités libyennes à faciliter les efforts engagés par l’OIM et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et à respecter les droits de l’Homme et la sécurité de tous les individus en Libye.

Dans ce contexte, ils ont appelé les autorités libyennes à mettre un terme à leur politique de détention systématique des réfugiés et des migrants en situation irrégulière et se sont engagés à aider les autorités libyennes à trouver des solutions alternatives en coordination avec le HCR et l’OIM.

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