Le secrétaire exécutif de l’Agence de développement de l’union africaine (Nepad) et ancien premier ministre du Niger, M. Ibrahim Hassane Mayaki, a souligné, le 16 avril dernier, la nécessité d’adapter le confinement aux réalités économiques africaines.

Dans une interview accordée à Radio France internationale (Rfi), ce dernier a relevé que les économiques africaines ont un niveau d’informalité importante, d’où il y a la nécessité pour tous ceux qui travaillent dans l’informel d’avoir des revenus journaliers. <<Ce qui fait que le  confinement, comme solution, doit être adapté à nos réalités économiques>>, a-t-il ajouté.

Selon lui, les pays africains ne peuvent pas vivre le confinement à la manière des pays européens, mais doivent  préconiser des solutions adaptées. «Vous ne pouvez pas confinez la pauvreté», a-t-il dit, ajoutant que le mode de confinement doit permettre à ce que les plus vulnérables dans les grandes villes aient accès à des produits essentiels.

Par ailleurs, M. Ibrahim Hassane Mayaki  a précisé que le plan d’urgence anti corona mis en place par les pays africains n’est pas une utopie, mais une anticipation et une réaction à la crise. A son avis, l’Afrique a pris le devant dans sa réponse au covid- 19.

«Je ne connais pas d’autres régions au monde où il y a eu une stratégie commune. Dès que l’Union africaine a été alertée sur cette épidémie, très vite, au mois de février dernier, l’ensemble des ministres africains de la santé ont défini une feuille de route sur laquelle ils ont travaillé sur un certain nombre de domaines», a  fait savoir le secrétaire exécutif du Nepad.

 Dans le fond, a-t-il dit, cette crise fait comprendre à l’Afrique que ses investissements dans le capital humain n’ont pas été  assez élévés, intensifs et denses, ce qui fait que les pays africains se retrouvent aujourd’hui dans le contexte de concurrence de crise, à l’instar du Sahel, où la crise du Covid-19 s’est ajoutée à la crise sécuritaire.

Au moment où les Etats africains font face à un incendie, des mesures immédiates s’imposent. «Au-delà de la question du moratoire, de celle de l’annulation de la dette, le problème de fond ira se poser sur la façon de revoir nos politiques publiques de développement après cette crise», a conclu M. Ibrahim Hassane Mayaki.

Bouton retour en haut de la page
Fermer