Les appels à l’abandon de la Liste nationale des jeunes reviennent avec insistance sur la scène politique, au plus fort des préparatifs en vue du prochain scrutin législatif.

D’autant plus que, dans une conjoncture de pandémie on ne peut plus pressante, la perspective des élections à venir remet au goût du jour le débat sur les diverses formes de ce qu’on appelle “rente politique”.

Or les divergences subsistent autour du maintien ou non du ce mécanisme de promotion de la représentation des jeunes par le biais duquel 30 sièges de députés sont réservés à des femmes et hommes de moins de 40 ans.

A l’origine de la proposition de suppression du quota des jeunes, le Parti authenticité et modernité (PAM) appelle à ce que la logique démocratique l’emporte lors de la désignation de leurs candidats en dehors de toute logique de rente.

Un avis que partagent bon nombre d’acteurs partisans qui ne voient pas d’un bon œil les contributions de jeunes propulsés, sur la scène parlementaire, grâce à leur proximité vis-à-vis de la direction du parti. Or ce discours est foncièrement rejeté par les Jeunesses partisanes qui s’activent en vue de mobiliser le soutien en faveur de la liste des jeunes qu’elles considèrent comme un acquis majeur sur le registre de la représentation parlementaire d’un pan entier de la société.

Pour Ismail El Hamraoui, chef du gouvernement parallèle des jeunes, il s’agirait d’un faux débat dès lors que l’on risque de mésestimer les institutions constitutionnelles en remettant en question une expérience qu’on présentait comme un acquis en termes de participation politique des jeunes et de rajeunissement de l’élite parlementaire.

“L’exécutif est appelé à entreprendre une étude de faisabilité conformément à la loi relative à la conduite de ses travaux pour élaborer un avis scientifique, loin de tout jugement de valeur à ce sujet”, a-t-il estimé dans une déclaration à la MAP.

C’est dans cet esprit, a-t-il dit, que le gouvernement des jeunes a mené une étude axée sur l’analyse des expériences de certains pays arabes, dont les conclusions ont réfuté les allégations sur l’inefficacité de la Liste nationale dédiée aux jeunes. Bien au contraire, l’étude a mis en valeur des indicateurs très significatifs sur l’action législative et de contrôle réalisée par les moins de 40 ans.

Si, aujourd’hui, des voix s’élèvent pour enterrer un tel mécanisme, force est de constater qu’il y a une tendance à privilégier une liste régionale dans l’optique d’une meilleure justice spatiale. A cet égard, les sections de jeunes des partis s’attachent à ce mécanisme de représentation en affirmant que la participation des jeunes à la vie politique constitue un acquis dans le processus électoral.

De quelque bord qu’elles soient, les jeunesses partisanes estiment que les remarques soulevées au sujet de la liste nationale en particulier ne justifient guère son annulation, mais poussent vers une réforme du système électoral et plus de gouvernance dans le processus de candidature.

“Il s’agit d’adopter une méthodologie démocratique dans le choix des candidats à la liste des jeunes en permettant aux compétences de représenter la jeunesse au Parlement, via des mesures permanentes susceptibles de pérenniser cette expérience pionnière”, ont expliqué dans un communiqué les sections de jeunes de l’Istiqlal, du PJD, du RNI ainsi que les Jeunesses ittihadie, socialiste, harakie et de l’Union constitutionnelle.

Prié de dire quelles mesures alternatives pour perfectionner l’expérience actuelle, M. El Hamraoui estime qu’en tant que mécanisme de représentation, la liste nationale reste à améliorer et à généraliser aux autres institutions élues.

“Pourquoi alors maintenir le quota des jeunes stipulé dans la loi organique des partis, selon laquelle chaque formation est tenue de fixer la proportion des jeunes devant siéger aux organes dirigeants?”, s’interroge-t-il.

Citant une étude du gouvernement parallèle des jeunes, ce membre du comité central du PPS affirme que la liste nationale a bel et bien contribué à donner un nouveau souffle à l’action législative. Le débat en cours montre que la problématique se rapporte à la gestion d’un tel mécanisme par certains partis. D’où il est nécessaire de chercher des approches permettant de faire émerger des candidats compétents aux plans politique et organisationnel, a-t-il précisé.

A quelques mois des prochaines législatives, l’étude élabore une série de conclusions sur la base d’un questionnaire adressé aux jeunes parlementaires. Elle relève particulièrement leur forte présence dans les efforts d’encadrement des citoyens menés particulièrement dans le nouvel espace public que représentent les réseaux sociaux.

Un autre atout indéniable se rapporte à leur niveau d’instruction : ils sont titulaires de diplômes de doctorat (46%), de master (36%) ou de licence (18%). Les jeunes parlementaires sondés se prononcent, à hauteur de 86%, en faveur du maintien et de l’amélioration de la liste nationale et à 14% pour son maintien sous sa forme actuelle.

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