Le besoin en liquidité du marché monétaire devrait s’accentuer en 2020 pour atteindre 153,9 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de plus de 91 MMDH par rapport à son niveau enregistré en 2019, indique le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

“L’année 2020 serait marquée, par une baisse importante des flux nets financiers, notamment les recettes touristiques, des exportations, des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) et des flux nets des investissements directs étrangers, ce qui devrait engendrer un repli des stocks en devises”, estime le HCP dans son Budget économique exploratoire 2021.

Toutefois, le recours à l’endettement extérieur devrait alléger le creusement dans les réserves en devises ce qui devrait porter leur encours au terme de 2020 à près de 212 MMDH (non compris l’utilisation de la ligne de précaution de la liquidité de 3 milliards dollars du FMI), relève la même source.

Dans ces conditions, des mesures d’assouplissement monétaire ont été prises par la banque centrale afin d’atténuer la sous-liquidité et soutenir la relance de l’économie nationale. Il s’agit notamment des réductions successives du taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 1,5% en juin 2020, après la baisse de 25 points de base de 2,25% à 2% en mars dernier.

Cette disposition est accompagnée par la libéralisation intégrale du compte de réserve monétaire, ramenant son taux de 2% à 0%, libérant 10 MMDH de liquidités qui serviraient à financer les besoins des agents économiques, rappelle le document.

Ces dispositions permettraient d’améliorer les conditions de refinancement des banques en disposant de plus de ressources monétaires et devraient conduire ainsi à la baisse des taux d’intérêt auxquels devraient être accordés les crédits bancaires aux entreprises et aux particuliers, fait observer le HCP, ajoutant que dans ces conditions, les créances sur l’économie devraient progresser de près de 4,9% en 2020 au lieu de 5,6% l’année précédente.

Par ailleurs, les créances nettes sur l’Administration centrale, composées essentiellement des créances des autres institutions de dépôts, continueraient en 2020 de s’inscrire dans une tendance haussière, après leur ralentissement en 2019, estime-t-il, expliquant cette augmentation par l’évolution des portefeuilles des bons du Trésor, représentant près de 73,9% des créances des autres instituions de dépôts sur l’Administration centrale. Tenant compte de toutes ces évolutions, la création monétaire augmenterait légèrement de près de 1,6% en 2020 au lieu de 3,8% en 2019.

Le Budget économique exploratoire présente une révision de la prévision de la croissance économique nationale en 2020, ainsi que ses perspectives pour l’année prochaine. Ce budget est de nature à permettre au gouvernement et aux acteurs socio-économiques de prendre conscience de l’évolution économique prévisible en 2021.

L’élaboration de ce budget intervient dans un contexte inédit marqué par une crise sanitaire qui a débuté en Chine et s’est propagée dans le monde entier. Elle tient compte des perspectives économiques mondiales, établies par les différents organismes internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission Européenne et la Banque Mondiale.

Ce budget tient compte également des données de la comptabilité nationale, des résultats des enquêtes trimestrielles et des travaux de suivi et d’analyse de conjoncture menés par le Haut-Commissariat au Plan.

Il se base aussi sur les données monétaires, issues de Bank Al Maghrib, les données financières fournies par le ministère de l’Economie et des finances et les statistiques des échanges extérieurs fournies par l’Office des Changes.

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