Déterminé à mener à bien la délicate réforme des retraites, l’une des réformes majeures du quinquennat, l’exécutif français multiplie les réunions avec les syndicats et le patronat en vue de parvenir à un compromis qui satisfait tout le monde, à quelques jours de la mobilisation générale du 5 décembre qui s’annonce massive.

Présentée comme l’une des mesures phares d’Emmanuel Macron aux présidentielles, la réforme du régime des retraites est destinée à repenser le dispositif actuel qui absorbe 14% du PIB avec 300 milliards d’euros de prestations de retraite chaque année, et un déficit compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros à l’horizon 2025.

Cette réforme repose essentiellement sur la création d’un système universel de retraite par points, – en remplacement des 42 régimes existants actuellement-, qui vise l’uniformisation des règles de calcul des pensions, et partant la suppression des régimes spéciaux.

Si la réforme ne touchera pas à l’âge légal de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans, elle compte en revanche instaurer un âge pivot à la retraite fixé à 64 ans pour toucher une retraite à taux plein. Un point qui suscite l’inquiétude des syndicats qui multiplient les appels à la grève, particulièrement un appel à la mobilisation nationale le 5 décembre prochain qui suscite les craintes du gouvernement et qui risque de paralyser le pays avec ses conséquences sur l’économie.

Lundi et mardi derniers, le gouvernement, qui a lancé depuis septembre un grand débat national sur cette délicate réforme en vue de convaincre les Français de son bien-fondé, a convié à nouveau, syndicats et patronats, à des rencontres. Objectif: parvenir à un compromis sur les points de blocage, et ils son nombreux, principalement celui relatif à l’âge de départ à la retraite qui demeure toujours flou et celui relatif à la suppression des régimes spéciaux dans le point de mire des centrales syndicales notamment celles majoritaires dans les transports publics (RATP et SNCF).

Ces rencontres, neuf au total sur les deux jours, ont été l’occasion, selon Matignon, de « faire un point sur l’ensemble de la réforme : le système cible (universel, qui doit remplacer les 42 régimes de retraites existants), la transition et le retour à l’équilibre en 2025 ».

Ces rencontres devaient également donner comme signal que « le dialogue social continue », alors que la fronde contre la réforme continue de s’élargir à l’approche de la mobilisation potentiellement massive du 5 décembre et qui devrait, selon les observateurs, se pérenniser et partant paralyser l’hexagone avec des conséquences terribles pour l’économie.

Conscient de ces enjeux, l’exécutif mise sur la concertation mais aussi sur « la bataille de l’opinion » pour mener à bien, conformément aux souhaits du Président Emmanuel Macron, cette réforme majeure du quinquennat. En effet, le chef de l’Etat français a réaffirmé, récemment, sa volonté de «conduire à bien» la réforme des retraites, soulignant que «c’est par la concertation que les choses se feront».

«Il y a une réforme qui est extrêmement importante pour l’avenir de notre pays qui est de la réforme des retraites, il faut la conduire à bien», a déclaré Emmanuel Macron. Et c’est par « la concertation que les choses se feront et avanceront», a affirmé le président français.

Concertation certes, mais aussi fermeté avec comme message que la réforme doit impérativement passer en vue d’assurer l’équilibre et la pérennité d’un régime de retraites défaillant. Emmanuel Macron avait promis, lors de sa campagne aux présidentielles de ramener le système actuel à l’équilibre en 2025.

Selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), remis au gouvernement, le système des retraites actuel présenterait un déficit compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros à l’horizon 2025. Pour y parvenir, le COR propose différentes solutions comme augmenter le taux de cotisation de ceux qui travaillent aujourd’hui, vite balayé par l’exécutif surtout dans l’actuel contexte social tendu.

Le gouvernement, qui entretient le flou sur certains points de cette délicate réforme notamment celui de l’âge de départ à la retraite, serait tenté de miser le tout sur l’option du rallongement de la durée du travail et de s’attaquer aux régimes spéciaux, deux points qui ne plaisent pas aux syndicats qui comptent mener une rude bataille à l’exécutif, relèvent les observateurs qui soulignent qu’à quelques jours de la date fatidique du 5 décembre, les deux antagonistes, exécutif et syndicats, campent chacun sur sa position et aucun compromis ne semble pointer à l’horizon.

Les grandes lignes de cette réforme demeurent, de ce fait, imprécises alors qu’elles devaient servir de base à un projet de loi qui devait être déposé en Conseil des Ministres cet automne pour un examen au parlement en 2020. Tout cela fait que le projet de loi pourra difficilement être inscrit au calendrier parlementaire avant l’été.

Bouton retour en haut de la page
Fermer