Le Premier ministre de Macédoine du Nord a démissionné vendredi en prévision de législatives anticipées convoquées après le refus de l’Union européenne d’ouvrir des négociations d’adhésion, un projet au cœur de sa politique.

La rebuffade infligée par l’UE en octobre à la Macédoine du Nord, mais aussi à l’Albanie, sous l’impulsion de la France avait provoqué une vague de déception dans les Balkans.

En Macédoine du Nord, où le Premier ministre Zoran Zaev avait mis tout son poids politique dans la balance pour faire avancer son pays dans la voie européenne, la déception avait été particulièrement rude.

Dans la foulée du blocage européen, le Premier ministre social-démocrate avait annoncé la convocation de législatives anticipées le 12 avril afin de demander aux électeurs de valider sa stratégie politique.

Il a signé sa démission vendredi afin de céder la place, conformément à la loi, à un gouvernement chargé de mener les affaires courantes jusqu’au scrutin, a confirmé son cabinet.

Ce gouvernement technique, rassemblant coalition majoritaire et opposition, doit être dirigé par Oliver Spasovski, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de M. Zaev. Le Parlement devait approuver dans la journée la désignation de ce cabinet.

Zoran Zaev avait chassé du pouvoir le parti de droite de Nikola Gruevski en 2017. Ce dernier avait dirigé le pays pendant une décennie avant de chuter, cerné par des affaires de corruption, d’abus de pouvoir et d’écoutes illégales, et de fuir à l’étranger.

Malgré la féroce opposition des nationalistes, Zoran Zaev s’était lancé dans un processus compliqué et politiquement risqué pour changer le nom de son pays – il s’appelait auparavant Macédoine – afin de mettre fin à un long différend avec la Grèce.

Bruxelles avait insisté sur ce changement, promettant que l’ex-République yougoslave en serait récompensée.

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