e Maroc est leader de la région MENA en matière de lutte contre le Sida, grâce à son programme national de lutte contre le VIH et à l’amélioration de ses indicateurs épidémiologiques, a affirmé, jeudi à Rabat, le directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé, Mohamed Lyoubi.

Dans une déclaration à la presse en marge d’une réunion de présentation du rapport de l’ONUSIDA à la veille de la journée mondiale du sida, M. Lyoubi a indiqué que ces indicateurs “nous permettent d’estimer le nombre de personnes vivants avec le virus à seulement 21.000”, précisant que 77% de ces personnes savent qu’elles sont porteuses de l’infection, alors que l’objectif à l’horizon 2021 est d’atteindre les 90%.

Par ailleurs, 84% de ces personnes sont mises sous traitement et suivi, dans le cadre d’une prise en charge gratuite assurée par les structures du ministère de la Santé, a-t-il souligné, faisant observer que 91% de personnes sous traitement ont désormais une charge virale négative (ndlr: qui devient de fait intransmissible).

“On ne peut donc qu’être satisfait de la qualité de la riposte nationale au sida”, a ajouté M. Lyoubi, notant que grâce aux programmes de préventions menés auprès des populations les plus exposées et aux efforts du ministère et de ses partenaires, le nombre de nouvelles infections a connu une réduction constante et significative depuis 2008.

“Il ne fait donc pas de doute que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre nos objectifs à l’horizon 2021 et nos engagements au niveau mondial dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) 2030”, a-t-il assuré.

Dans le cadre de son intervention à cette réunion, le directeur de l’ONUSIDA au Maroc, Kamal Alami, a, pour sa part, fait savoir qu’il ressort du dernier rapport de l’organisation que 37,9 millions de personnes vivent avec le VIH au niveau mondial, alors que 1,7 million sont nouvellement infectées par le virus.

Depuis le début de cette épidémie, 74,9 millions de personnes ont été infectées par le VIH, a relevé M. Alami, rappelant que depuis 2010, le nombre de décès liés au sida a été réduit de 33%.

Toutefois, dans la région MENA, le nombre de nouvelles infections a connu une hausse de 10% en 2018, tandis que le nombre de décès liés au sida a grimpé de 9%, a-t-il regretté.

L’ONUSIDA a mis en place un objectif ambitieux à l’horizon 2020, pour que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral aient une charge virale durablement supprimée, a-t-il ajouté.

Il a, dans ce sens, déploré qu’au niveau de la région MENA, seuls 47% des personnes savent qu’elles sont porteuses du virus, 69% d’entre elles ont accès au traitement et 82% ont vu leur charge virale supprimée.

Cet événement, organisé à la veille de la journée mondiale du sida commémorée le 1er décembre de chaque année, avait pour objectif de présenter le nouveau rapport global de l’ONUSIDA tout en soulignant l’importance du travail des organisations de la société civile et communautaires (OSC) pour atteindre les objectifs d’accélérations de la riposte VIH définies dans la déclaration politique des Nations unis sur le VIH.

Ce rapport met également en exergue le rôle crucial des OSC pour offrir des services VIH aux personnes les plus touchées et apporter un soutien aux personnes vivant avec le VIH.

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