L’Union européenne (UE) a annoncé une suspension inédite de ses règles de discipline budgétaire, ouvrant la voie pour les États membres d’investir massivement dans la lutte contre le coronavirus et, partant, en limiter les conséquences socio-économiques.

“Aujourd’hui – ceci est nouveau et n’a jamais été fait auparavant – nous activons la clause dérogatoire générale”, a indiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un message vidéo diffusé sur le site de la Commission.

Cela signifie, a-t-elle précisé, que les gouvernements nationaux de l’UE “peuvent injecter dans l’économie autant qu’ils en auront besoin”.

“Nous assouplissons les règles budgétaires pour leur permettre de le faire”, a-t-elle souligné.

En vertu du Pacte de stabilité et de croissance de l’UE, les États membres sont contraints de garder sous contrôle leur dette et leur déficit publics. Les déficits publics ne devraient pas alors dépasser les 3% du Produit intérieur brut (PIB) tandis que la dette publique ne devrait pas excéder les 60% du PIB.

En activant la clause dérogatoire générale, introduite en 2011 lors des crises financières et de la zone euro, la Commission européenne décide de suspendre ces règles de disciplines budgétaires.

Cette décision, qui doit encore être validée par les 27 ministres des Finances de l’UE lors d’une vidéoconférence la semaine prochaine, a été prise eu égard à l’évolution de la crise du coronavirus qui génère un énorme besoin de soutien public.

“Le confinement est nécessaire pour contenir le virus, mais il ralentit considérablement notre économie”, a expliqué la présidente de l’exécutif européen.

Et d’ajouter: “J’ai dit que nous ferions ce qui serait nécessaire pour soutenir les Européens et l’économie européenne, nous avons tenu parole” et “ce n’est pas fini”.

Mme von der Leyen a énuméré les mesures déjà prises jusqu’ici, citant en particulier la décision confirmée jeudi soir d’assouplir considérablement les règles encadrant les aides d’État aux entreprises, l’action de la Banque centrale européenne (BCE) – un plan d’urgence de 750 milliards d’euros – ou encore les 37 milliards d’euros disponibles dans le budget de l’UE pour les soins de santé, les entreprises et les emplois dans le cadre de la crise.

L’UE dispose de la sorte d’une “puissance de feu” pour soutenir l’économie, a assuré la présidente de la Commission européenne.

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