L’Union européenne (UE) et les pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger et Burkina Faso) ont réaffirmé mardi leur engagement conjoint pour la sécurité, la stabilité et le développement du Sahel.

Dans une déclaration commune adoptée à l’issue d’une visioconférence, coprésidée par le Président du Conseil européen, Charles Michel, et le Président en exercice du G5 Sahel, Mohamed Ould Ghazouani, l’UE et le G5 Sahel soulignent que cet engagement “se poursuivra au niveau régional et international”, en étroite coopération avec le Secrétaire Général des Nations unies, le Président de la Commission de l’Union africaine et le Président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest qui “jouent un rôle crucial dans les efforts de la communauté internationale en soutien au Sahel”.

Tout en exprimant leurs vives préoccupations face à l’expansion du terrorisme et à la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région du Sahel, les dirigeants de l’UE et du G5 Sahel s’accordent sur la nécessité d’accroître les efforts en vue notamment de proposer “une réponse intégrée solide aux défis sécuritaires en particulier à la menace terroriste” et de “trouver des solutions politiques aux revendications locales et conflits exploités par les groupes terroristes”.

“Nous avons discuté avec les dirigeants des pays du G5 Sahel d’actions concrètes pour les aider à faire reculer la menace terroriste”, a indiqué le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d’un point de presse à l’issue de la visioconférence.

L’UE a notamment annoncé à cette occasion un financement de 194 millions d’euros aux pays du G5 Sahel pour renforcer leurs forces de sécurité, selon le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui a pris part à la réunion.

“Nous avons annoncé 194 millions d’euros additionnels pour renforcer les forces de sécurité et de défense intérieure et accélérer le redéploiement de l’Etat et la délivrance de services de base dans les zones fragiles”, a-t-il précisé sur son compte Twitter.

L’UE s’est engagée, par ailleurs, à examiner la demande des dirigeants du G5 Sahel appelant à une annulation de la dette africaine, dans le contexte de la crise de la pandémie du nouveau coronavirus, a indiqué le président du Conseil européen.

Dans leur déclaration commune, les dirigeants de l’UE et du G5 Sahel expriment leur préoccupation face à la propagation mondiale du COVID-19, en appelant à intensifier la solidarité et la coopération internationale sur ce sujet.

Globalement, l’UE et le G5 Sahel conviennent d’œuvrer pour “répondre aux causes profondes du conflit, aux défis sécuritaires et de développement durable (au Sahel), ainsi qu’aux aspirations des populations à un développement socio-économique inclusif”, ou encore “soutenir les efforts en matière de gestion des ressources naturelles et d’adaptation au changement climatique”.

Leur engagement vise également à “préserver et promouvoir une coopération constructive et approfondie dans le domaine des migrations en tenant compte des causes profondes de celles-ci, ainsi que des contraintes et limites des pays du G5 Sahel”, outre l’amélioration et le renforcement de la coordination et des synergies entre les différents acteurs et les différentes initiatives dans l’atteinte des objectifs communs.

Cet engagement, soulignent-ils, traduit “un nouvel élan collectif en faveur de la stabilité et du développement de la région du Sahel”, tout en rappelant les efforts consentis par le G5 Sahel et ses États membres pour s’équiper avec les outils conceptuels appropriés et à jour afin de guider et diriger l’action des politiques publiques au niveau national, les politiques de sécurité et de défense et la coopération au développement, en particulier la « Stratégie pour le développement et la sécurité des pays du G5 Sahel » de septembre 2016 et le « Cadre d’actions prioritaires intégré (CAPI) » de février 2020.

Il souligne, par ailleurs, l’importance d’établir “un partenariat géopolitique stratégique” entre l’UE et le G5 Sahel qui mette l’accent sur “l’adhésion au niveau local et traite de manière concomitante la sécurité, le développement et la gouvernance”.

Tout en soulignant l’important soutien financier apporté par l’Union européenne et ses États membres, dont 4,5 milliards d’euros de l’UE pour la période 2014-2020, les deux parties conviennent que l’allocation de soutien devrait se faire en tenant compte des priorités définies par les pays du G5 Sahel.

 

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