L’envoyée de l’ONU pour la Guinée-Bissau, Rosine Sori-Coulibaly, a demandé lundi au Conseil de sécurité de continuer à suivre de près la situation dans ce pays qui reste instable, alors que le Bureau des Nations Unies va fermer à la fin de l’année.

«Alors que le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau va fermer dans moins de cinq mois, je voudrais souligner que l’appui fourni par la communauté internationale au processus électoral de 2019 était nécessaire mais pas suffisant pour remédier à l’instabilité politique à long terme de la Guinée-Bissau», a déclaré Mme Sori-Coulibaly lors d’un exposé devant les membres du Conseil.

La responsable onusienne a souligné “la nécessité pour le pays de rester au premier rang des priorités de la communauté internationale, en mettant l’accent sur les réformes et le renforcement des institutions de l’État».

Selon elle, la récente crise politique et la paralysie parlementaire après le scrutin présidentiel de fin décembre 2019 souligne les faiblesses structurelles du pays.

«Les récents développements politiques dans le pays ont conduit à une atmosphère politiquement chargée de méfiance croissante parmi les parties prenantes. Les accusations mutuelles et les actes d’intimidation signalés contre ceux qui s’opposent au nouveau régime politique ont créé un environnement hostile, rendant difficile la recherche d’un compromis dans l’intérêt de la stabilité politique et de l’établissement d’un consensus autour des priorités nationales de consolidation de la paix», a souligné l’envoyée de l’ONU.

Selon elle, l’impasse actuelle souligne « la nécessité d’un engagement continu et ferme de la communauté internationale, pour éviter une détérioration de la situation politique et des droits de l’homme, consolider les acquis démocratiques passés et préserver la paix et la stabilité indispensables».

«Le pays et ses habitants ont besoin de votre soutien pour maintenir la stabilité, maintenir la paix et faire progresser le développement socio-économique », a ajouté Mme Sori-Coulibaly à l’adresse du Conseil de sécurité.

Elle a noté que le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) devrait jouer un plus grand rôle de bons offices. « Plus important encore, votre soutien à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans son rôle de médiateur principal, et dans la mise en place d’un mécanisme de suivi efficace de ses décisions, restera impératif », a dit l’envoyée de l’ONU.

«La population de Guinée-Bissau mérite un pays doté d’institutions étatiques stables, transparentes et indépendantes qui adhèrent aux principes de séparation des pouvoirs, de responsabilité et de l’Etat de droit », a-t-elle conclu.

Bouton retour en haut de la page
Fermer